Vincent Lambert : la justice se prononce jeudi

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Vincent Lambert : la justice se prononce jeudi
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FIN DE VIE - La justice doit trancher jeudi sur la demande de sa femme d'interrompre les soins alors que la famille se déchire sur la question.

L'info. C'est une famille déchirée qui s'est retrouvée mercredi au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. Les proches de Vincent Lambert s'opposent sur l'avenir de ce trentenaire, tétraplégique et en état de conscience minimale depuis 2011 suite à un accident. Ses parents veulent que les médecins continuent à le soigner tandis que son épouse refuse l'acharnement thérapeutique. La juridiction souhaite, elle, "prendre le temps de la réflexion dans ce dossier complexe", a indiqué le président du tribunal à l'issue de l'audience. La décision sera donc rendue jeudi matin.

• L'hôpital veut arrêter les traitements. Samedi, le docteur Eric Kariger, qui dirige le service de médecine palliative du CHU de Reims, avait annoncé sa décision d'arrêter prochainement les traitements de nutrition et d'hydratation artificielles de Vincent Lambert. Les parents, une soeur et un demi-frère du jeune homme, opposés à cette décision, ont une nouvelle fois saisi de leur côté la justice lundi. Une procédure en référé-liberté pour stopper en urgence la décision médicale. Les parents demandent également le transfert de leur fils dans un autre établissement hospitalier. Mais dans le même temps, la femme de Vincent, Rachel, ainsi que sept autres membres de la famille, soutiennent pour leur part la décision des médecins.

• La rapporteuse publique préconise le maintien des soins. Mercredi, devant le tribunal, la rapporteuse publique a préconisé le maintien de l'alimentation et l'hydratation artificielles de Vincent Lambert. Selon elle, "le patient est dans état irréversible mais sa conscience existe et il est impossible de juger du sens de sa vie". Elle a par ailleurs enjoint le tribunal à rejeter la demande de transfert de Vincent dans un autre hôpital.



• "Plaider pour un condamné à mort". "Personne ne souhaite s'il est bien portant être dans la situation de Vincent Lambert, mais qui peut savoir maintenant ce qu'il en pense, lui", a dénoncé l'avocat des parents du patient. "C'est la première fois depuis 1981 qu'un avocat doit plaider pour un condamné à mort", a insisté Me Jérôme Triomphe.



• "Il n'aurait jamais souhaité cela". "Vincent ne pourra jamais aller mieux, c'est de l'acharnement thérapeutique de le laisser vivre dans cet état, il n'aurait jamais souhaité cela", a confié avant l'audience François Lambert, le neveu du patient tétraplégique hospitalisé au CHU de Reims depuis cinq ans en état de conscience minimale. "Il faut laisser l'hôpital faire son travail pour que Vincent trouve la paix. C'est respecter Vincent et un acte d'amour que de le laisser partir", a-t-il encore argumenté.

"C'est un lit de torture". Marie, l'une des sœurs de François Lambert, très émue mercredi à l'audience, ne supporte plus de voir son frère dans un tel état. "Je ne le vis pas bien du tout parce que j'ai vraiment le sentiment qu'on lui impose une vie qu'il n'aurait pas choisie", a-t-elle confié au micro d'Europe 1. "Pour moi ce qu'il vit est lit de torture. Ce n'est pas un être qui vit. C'est un être qui est dans une espèce de parenthèse. Ce n'est pas un état souhaitable, pour personne", a-t-elle regretté. "C'est ce que j'avais dit lors du dernier conseil de famille. C'était quelqu'un qui ne vivait pas du tout à moitié. Il aimait la vie et la vivait à 200%. C'était un ultime de la vie. L'état dans lequel il se trouve ne correspond pas du tout à sa façon de vivre avant l'accident", a-t-elle déploré.

• La première procédure avait été gagnée par les parents. Début 2013, Vincent Lambert avait multiplié des comportements qualifiés par l'équipe médicale "d'opposition aux soins", "faisant suspecter un refus de vivre" selon les spécialistes. Les équipes soignantes avaient alors déjà engagé un premier protocole de fin de vie en accord avec sa femme présente quotidiennement depuis l'accident. Les médecins n'avaient néanmoins pas consulté explicitement ses parents, qui vivent dans le sud de la France. Ces derniers avaient donc saisi la justice pour faire reprendre les soins et obtenu que les médecins rétablissent l'alimentation et l'hydratation de leur fils.

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