Villiers-le-Bel : deux témoins désertent

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Villiers-le-Bel : deux témoins désertent
@ MAX PPP
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Après le désistement de deux témoins sous X, un témoin a accepté de parler lundi après-midi.

Voilà qui va donner de l’eau au moulin des avocats de la défense, qui critiquent une accusation reposant sur des dénonciations. Lundi, au procès des jeunes de Villiers-le-Bel soupçonnés d’avoir tiré sur des policiers, les témoins ont joué les Arlésiennes.

Cinq témoins sous X devaient être entendus au total. L'un, le plus précis, affirme depuis vendredi être amnésique. Deux autres ont fait savoir lundi ne plus souhaiter être entendus. Le dernier ne s'est pas présenté du tout.

Un témoin entendu

L'un d'eux a toutefois accepté de parler lundi après-midi. Identifié dans la procédure sous le matricule PT02/08, le témoin anonyme, caché derrière un store, la voix déformée, a raconté par visioconférence avoir "vu tirer sur les forces de l'ordre" un des accusé, Maka Kante, dit Mara le soir des émeutes.

"Il portait une capuche, quand il s'est retourné je l'ai reconnu, c'est un nommé Mara", a expliqué le témoin confirmant mot pour mot sa déposition. Le témoin PT02/08 avait déjà été évoqué pendant l'audience lorsque la défense a mis à jour le fait qu'il s'agissait également d'un informateur des services de police. PT02/08 a d'ailleurs reconnu à l'audience avoir "collaboré une fois avec les services des stupéfiants".

Pourquoi des témoins ont déserté ?

Comment expliquer l'absence des autres témoins ? Me Lienard, avocat de certains policiers, a évoqué le "climat de terreur" qui règne à Villiers-le-Bel et qui aurait pu les dissuader de venir parler. C'est "peut-être parce qu'ils ont menti et qu'ils n'ont pas envie de réitérer leurs mensonges", a argumenté de son côté Me Konitz, avocat des accusés.

C’est pourtant sur ces témoignages anonymes, obtenus pour certains après un appel lancé dans les boîtes aux lettres contre rémunération, que reposent une grande partie de l’accusation. L'ancien directeur de la police judiciaire de Versailles a reconnu lundi à la barre que, dans cette affaire, il n'y avait pas de preuves directes contre les quatre accusés.