Villepin : Clearstream, "un procès d'intention"

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Villepin : Clearstream, "un procès d'intention"
Clearstream : trois hommes dans le box. Dominique de Villepin, Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin@ REUTERS
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Europe1.fr vous a fait vivre de l’intérieur la deuxième audience du procès Clearstream.

19h08 : Lors du 12 janvier, "le général Rondot n'a pas cité le nom de Clearstream", assure Dominique de Villepin. "Je n'avais aucune raison de penser que ce dossier évoluerait comme ceci", dit-il.

18h58 : "Il n'y a pas eu le 12 janvier une réunion de conspiration, de complots. Il y a eu un ministre qui a fait son travail. Il y a un moment, il faut revenir sur terre", s'agace Dominique de Villepin. Il y a eu une réunion, "tout le reste est un procès d'intention", insiste-t-il.

18h51 : Imad Lahoud, n'est plus interrogé, les bras sur les genoux, il semble se recroqueviller sur sa chaise.

18h49 : "Avec moi, le général Rondot ne prenait pas de notes", précise encore Dominique de Villepin.

18h43 : "La règle - et Jean-Pierre Raffarin, le Premier ministre de l'époque, l'a rappelée - c'est de ne pas faire remonter une affaire sans éléments probants. (...) Je ne dispose pas d'informations suffisantes et si je fais appel au général Rondot, c'est pour vérifier certaines informations", explique Dominique de Villepin avant d'ajouter : "tout cela est en nuances, en interprétations, en préoccupations aussi du général Rondot".

18h15 : Dominique de Villepin retourne sur son inconfortable chaise bleue et laisse Jean-Louis Gergorin s'expliquer à la barre.

17h52 : Dominique de Villepin est invité à lire la fameuse note (que Lahoud nie avoir écrite) et ajoute : "Je n'ose imaginer la tête de Jacques Chirac si je lui avais remis cette note".

17h42 : Dominique de Villepin mène clairement le jeu : "Votre question, Maître, montre votre totale ignorance", lance-t-il à Me Fedida. "La règle, la base même de ce métier, c'est l'aptitude à la confidentialité. Il faut vérifier l'information, ne pas être l'agent de rumeurs irresponsables", dit-il encore pour expliquer qu'aucune action n'ait été menée après son entrevue avec Jean-Louis Gergorin.

17h37 : "Jean-Louis Gergorin rentrait comme il voulait au Quai d'Orsay, il avait énormément de contacts". "Quand les portes se sont ouvertes et que ce profilait le visage familier de Jean-Louis Gergorin, je n'allais pas dire : éloignez cet importun !", raconte Dominique de Villepin pour expliquer son entrevue avec Jean-Louis Gergorin.

17h30 : "Comme l'a très bien dit Jean-Louis Gergorin : il ne savait pas 'si c'était du lard ou du cochon'. Dès lors, quand on ne sait pas 'si c'est du lard ou du cochon', on ne transmet pas au président de la République", martèle Dominique de Villepin. Dans ce contexte, Dominique de Villepin a estimé qu'il n'y avait "aucune raison de transmettre ce dossier au président de la république".

Dominique de Villepin

17h26 : Dominique de Villepin, qui dépasse de deux bonnes têtes Jean-Louis Gergorin et parle avec un calme absolu, explique que "l'inquiétude de Jean-Louis Gergorin" était à l'époque que l'affaire des listings n'aille pas assez vite.

17h21 : Villepin arrive à la barre et parle pour la première fois dans ce procès Clearstream II.

17h00 : Après une pause, l'audience reprend.

16h27 : L'avocat général Jean-Louis Pérol, qui représente le parquet, lance à Jean-Louis Gergorin : "Monsieur, vous avez un art consommé de répondre très longuement à côté des questions que l'on vous pose. Vous êtes le corbeau, que vous le souhaitiez ou non", assène-t-il.

16h23 : Le fils de Dominique de Villepin est le seul membre de la famille de l'ex-Premier ministre a assisté à l'audience.

16h07 : "Quand j'ai rencontré Edwy Plenel, j'étais dans un état second", admet Jean-Louis Gergorin. "Mélangeant fiction et réalité" ?, interroge la présidente Christiane Beauquis pour souligner l'anxiété, à l'époque de ce dirigeant d'EADS.

16h00 : Imad Lahoud avait pour pseudo sur son ordinateur : "Matrix", en référence au film du même nom.

15h27 : Imad Lahoud explique avoir effacé 600.000 fichiers, concernant l'affaire, sur son ordinateur. "Cela a pris quatre ou cinq heures", précise-t-il avant d'assurer qu'il a également effacé - grâce au logiciel Eraser - plusieurs fichiers sur l'ordinateur de Jean-Louis Gergorin.

15h11 : L'audience reprend. Un particulier, Jacques Bidalou, habitué des palais de Justice et partie civile dans cette affaire, dépose une QPC, une question priorité de constitutionnalité. Joël Bouard qui avait déposé, lundi, une première QPC fantaisiste, s'empare de nouveau du micro pour soutenir son ami Bidalou. Cette QPC sera étudiée jeudi après-midi. Joël Bouard est raccompagné par les policiers vers la sortie.

13h08 : L'audience est suspendue et reprendra à 15 heures.

13h03 : "Je savais que les listings étaient faux mais je n'ai rien fait pour empêcher cela", insiste Imad Lahoud expliquant encore une fois que comme "la loi de la gravité", "les ordres descendent. Ils ne montent pas. Ce n'est pas moi", ajoute-t-il.

12h58 : Me Temime, avocat de Jean-Louis Gergorin interpelle Imad Lahoud par un "Monsieur Ben Lahoud" qui provoque l'hilarité de la salle.

12h48 : "J'étais pris par cette ambiance de secret. Oui, j'ai totalement déraillé. J'aurais dû faire vérifier les listings Clearstream", reconnaît encore Jean-Louis Gergorin.

12h30 : "Le général Rondot souhaitait connaître le Who's who de cette liste", explique Jean-Louis Gergorin. "Je lui ai dit que l'ensemble me paraissait crédible". A l'époque, "j'étais aveuglé par mon état psychologique après la mort de Jean-Luc Lagardère", insiste Jean-Louis Gergorin qui assure ne pas avoir douté de l'authenticité des listings Clerastream, notamment parce qu'il avait "totalement confiance en Imad Lahoud".

12h15 : Interrogé par les avocats des parties civiles, Jean-Louis Gergorin dit avoir été "dépassé" par les événements et "la complexité" des listings Clearstream. Plus tôt dans la journée, il avait assuré avoir "complètement déraillé à cette époque, je suis complètement, complètement d'accord", se disant "impressionné notamment par la confiance qu'avait le général Rondot en Imad Lahoud".

Gergorin

11h55 : Les débats s'enlisent au sujet d'une note qu'Imad Lahoud a tapée mais non conçue, selon ses dires. Dominique de Villepin est comme absent et semble se désintéresser des échanges entre ses avocats et Jean-Louis Gergorin. Une attitude partagée par une grande partie de la salle.

11h46 : "Si vous n'êtes que le petit facteur de monsieur Lahoud vous êtes totalement inutile. Si vous n'êtes qu'un facteur inutile pourquoi vous être engagé dans cette affaire Clearstream ?", demande le procureur à Jean-Louis Gergorin qui botte en touche en guise de réponse. "C'est vrai que j'ai manqué de distanciation", explique-t-il, mais c'est justement parce que "j'avais de la passion", et que "j'étais obsédé par la mort de Jean-Luc Lagardère", dont il pensait qu'il avait été assassiné dans le cadre d'un complot. "J'ai été pris dans cette atmosphère de secret d'Etat."

11h20 : Les avocats de Dominique de Villepin interrogent désormais Jean-Louis Gergorin. Dominique de Villepin pourrait, lui, être entendu cet après-midi.

10h35 : Interrogé par Me Metzner, Imad Lahoud s'agace puis hurle sur le conseil de Dominique de Villepin : "Ce que vous dites est faux ! Vous n'êtes pas précis Maître". La présidente de la Cour intervient alors : "Restez serein !".

10h26 : "Lors de l'instruction, j'étais dans le déni. J'ai écrit mon livre, librement, pour couvrir Dominique de Villepin ", ajoute Imad Lahoud. "Ce que j'ai écrit dans ce livre est idiot et grave (...). C'est le summum de ma bêtise."

10h05 : Les avocats de Dominique de Villepin interrogent Imad Lahoud. Me Luc Brossollet le questionne sur "ses vérités". "En première instance, vous nous aviez promis de dire la vérité. Aujourd'hui, vous nous dites que ce n'était pas le cas... Vous dites vraiment la vérité aujourd'hui ?", ironise-t-il.

09h58 : "Je n'ai ajouté que le nom de Nicolas Sarkozy. Seulement celui-ci", martèle encore Imad Lahoud.

09h48 : Dominique de Villepin, aujourd'hui impassible, écoute Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud opposer leurs versions.

09h28 : "Je n'ai ajouté que le nom de Nicolas Sarkozy dans les listings Clearstream, sur ordre de Jean-Louis Gergorin", assène Imad Lahoud, beaucoup moins tendu que lundi, lors de l'ouverture de l'audience. "Je n'ai ajouté qu'un seul nom, Nagy et Bocsa", les noms patronymiques de Nicolas Sarkozy, insiste le prévenu, condamné en première instance à 18 mois de prison ferme pour avoir ajouté des noms de personnalités sur des listings Clearstream. "Mais, alors, qui a ajouté les autres noms ?", questionne la présidente, Christiane Beauquis. "Je ne sais pas, madame la présidente, mais j'aimerais bien savoir...", lâche Imad Lahoud.

09h22 : Imad Lahoud est à la barre. Il explique que Jean-Louis Gergorin lui a demandé d'effacer des documents avant des perquisitions. Au soir de sa garde à vue dans cette affaire, Jean-Louis Gergorin serait également passé chez lui et lui aurait dit "Dominique de Villepin est intervenu pour te faire sortir", assure Imad Lahoud.

Lahoud

09h15 : La présidente annonce que l'épouse d'Imad Lahoud témoignera lundi prochain au procès. Discrète durant la procédure, Anne-Gabrielle Heilbronner Lahoud est une énarque, ancienne inspectrice des Finances. Dans ce courrier, reçu mardi par la cour d'appel, elle, qui à l'époque des faits était conseillère auprès du ministère des Affaires étrangères, écrit : "J'ai remis en mains propres le manuscrit d'Imad, manuscrit que Philippe Faure (alors secrétaire général du Quai d'Orsay, ndlr) devait remettre à Dominique de Villepin, à la demande de ce dernier qui avait souhaité le relire avant sa publication". Le 24 juillet 2007, durant l'instruction, elle tenait pourtant un tout autre discours. "A ma connaissance, disait-elle aux policiers, Imad ne connaît pas Dominique de Villepin. Il connaît seulement Jean-Louis Gergorin". "Je ne m'explique pas les raisons de la transformation des faits relatés par Imad dans son livre", ajoutait-elle.

09h10 : La présidente de la Cour ouvre l'audience en lisant la lettre de l'épouse d'Imad Lahoud, lettre dévoilée lundi par Europe 1. Peu avant, elle avait accédé à la demande de Me Iwens.

09h00 : En attendant l'ouverture du procès, l'avocat de Jean-Louis Gergorin, Me Iwens prend la parole : il appelle les autres avocats à manifester, en début d'après-midi, contre les conditions d'indemnisation ("dérisoires", selon lui) des avocats lors des gardes à vue. L'audience pourrait ne reprendre dans ce cas à 15h et non 14h comme prévu.

08h30 : A l’ouverture du procès, la président dira si oui ou non elle a reçu la lettre de l’épouse d’Imad Lahoud. Postée vendredi en recommandé et adressée à Christiane Beauquis, la présidente du tribunal, cette lettre met en cause la parole de Dominique de Villepin, lui aussi dans le box des accusés. A l’époque des faits, elle était conseillère auprès du ministère des Affaires étrangères.

08h00 : L’audience, la deuxième du procès en appel Clearstream doit s’ouvrir à 9 heures et sera consacrée à l’examen des faits. Lundi, jour d’ouverture du procès, Imad Lahoud avait chargé Dominique de Villepin et Jean-Louis Gergorin. "Jean-Louis Gergorin est coupable, Dominique de Villepin est coupable". Le mathématicien avait également reconnu avoir menti en première instance : "Quand on veut couvrir les coupables, on est obligé de mentir (…). Il fallait tout nier pour couvrir Jean-Louis Gergorin et couvrir Dominique de Villepin".