UOIF : un congrès sous surveillance

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UOIF : un congrès sous surveillance
Le congrès de l'UOIF, ce ne sont pas que des prêches mais aussi une foire pour "consommer" musulman.@ REUTERS
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L'interdiction de la venue de prédicateurs étrangers a placé l'UOIF dans l’œil du cyclone.

L'Union des organisations islamiques de France (UOIF) réunit vendredi à Paris son congrès annuel, un rendez-vous qui n'aura jamais été aussi suivi en raison l'absence de plusieurs prédicateurs étrangers interdits de séjour par la France. Les organisateurs regrettent cette interdiction qui touche des invités qu'ils qualifient de "modérés", tandis que l'extrême-droite a tenté de faire purement et simplement interdire cet évènement.

L'UOIF, c'est quoi ?

L'UOIF est la deuxième fédération de l'Islam de France et regroupe plus de 200 associations et 450 salles de prière. Cette organisation est proche des thèses des Frères musulmans, actuellement en train de prendre le pouvoir en Egypte. Le rassemblement annuel de l'UOIF, du 6 au 9 avril, est la plus importante rencontre des musulmans en France : elle attire plus de 100.000 visiteurs chaque année au Parc des Expositions du Bourget, près de Paris.

Mais la pression contre les dérives islamistes, née de l'affaire Mohamed Merah, le "tueur au scooter" de Toulouse et Montauban, est allée crescendo dans la campagne électorale. Résultat, l'UOIF s'est retrouvée à la Une de l'actualité et a vu quatre prédicateurs qu'elle avait invités interdits de séjour dans l'Hexagone.

Des prédicateurs présentés comme "modérés"

Le président de l'UOIF l'assure pourtant, les prédicateurs en question "ne sont pas des gens qui incitent à la violence ou à la haine".  "Ce sont des hommes modérés", dit-il en reprochant au gouvernement de les avoir jugés sur des phrases "sorties de leur contexte". "Lorsqu'on essaie de juger quelqu'un, on peut toujours trouver dans ce qu'il dit une petite phrase qui n'arrange pas", a-t-il argumenté.

Certains de ces prédicateurs ont néanmoins tenu à plusieurs reprises des propos clairement antisémites ou peu compatibles avec le principe d'égalité des sexes. Le président de l'UOIF répète pourtant qu'il s'agit d'hommes modérés et précise qu'il n'a pas l'intention de déprogrammer l'islamologue suisse Tarik Ramadan, dont les propos sont jugés "contraires à l'esprit républicain" par le gouvernement.

L'extrême-droite l'érige en repoussoir

Le Front national et les formations qui gravitent autour n'ont pas manqué de profiter de cet épisode pour fustiger le "fascisme vert" que représente à leurs yeux le développement de l'islam en France. "Il aura fallu sept morts et deux blessés graves pour que Nicolas Sarkozy fasse semblant de s'agiter contre l'islam radical. Quelques interpellations plus médiatisées qu'efficaces. Des interdictions du territoire pour une poignée de prédicateurs aux prêches d'une violence extrême. Des mises en garde contre le congrès de l'UOIF, qu'il n'ose interdire", a ainsi lancé Marine Le Pen.

Un peu plus à droite encore, le Bloc Identitaire a carrément tenté d'obtenir du tribunal administratif de Montreuil une interdiction du congrès de l'UOIF. La justice a rejeté ce recours.