Une vente d'objets nazis fait polémique

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Une vente d'objets nazis fait polémique
@ MAISON VERMOT DE PAS
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ENCHÈRES - Une association juive s'insurge de la vente d'objets ayant appartenu à Hitler et Goering.

La polémique. Des meubles, des passeports, des photos, un napperon. De vieux souvenirs seront mis aux enchères fin avril à Paris. Mais pas n'importe lesquels : tous ces objets ont appartenu à Adolf Hitler et Hermann Goering. Une association juive s'insurge et demande son interdiction.

Ramenés par des soldats français. Trois passeports de Goering, mise à prix : 5.000 euros pièce. Un coffre en bois, gravé de croix gammées, offert au Führer, estimé à 5.000 euros. Tous ces objets proviennent de la résidence d'Adolf Hitler dans les Alpes bavaroises et de la maison voisine, où s'était installé Hermann Goering. Ils ont été ramenés par des combattants français de la 2e D.B. (division blindée) du général Leclerc, arrivée le 4 mai 1945 à Berchtesgaden. Les Français sont les premiers à monter au Berghof, le repaire montagnard d'Hitler, qui avait été bombardé un peu plus tôt par l'aviation alliée. Des soldats de la 2e D.B. sont également montés à bord du train de Goering, chargé d'objets volés, bloqué en gare de Berchtesgaden par les Américains début mai.

Une vente "obscène". Le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA) juge cette vente "obscène". "Il s'agit d'objets ayant appartenu à des monstres. Et aujourd'hui pour une affaire commerciale, des gens décident de les vendre. On ne peut pas être fier d'acheter ces objets. C'est immonde", dénonce Sylvain Zenouda sur Europe 1.

Vendus mais pas exposés. L'étude qui organise ces enchères a pris le soin de demander au préalable son avis au Conseil des ventes, autorité de régulation des ventes publiques. Le CVV "a confirmé que nous pouvions vendre" ces objets "à condition de ne pas exposer publiquement ceux contenant une croix gammée", assure l'expert de la vente Yves Salmon. "On me demande de vendre des objets qui légalement peuvent être vendus. Je ne vois pas pourquoi je refuserai", justifie-t-il sur Europe 1. Mais l'expert avoue qu'il préférerait que ce soit un musée qui fasse l'acquisition de tous ces souvenirs "pour éviter que certaines personnes puissent les acquérir avec un désir pas toujours très propre".