Une plainte contre un hôpital marseillais

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Une plainte contre un hôpital marseillais
Des parents ont déposé plainte contre l'hôpital de la Timone à Marseille après la mort de leur fils, en juillet dernier.@ MAXPPP
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Après le décès suspect de leur fils en juillet, des parents accusent la Timone.

Anthony a vécu "un calvaire". C’est en tout cas ce qu’assurent ses parents. Le jeune homme de 24 ans, hospitalisé à la Timone à Marseille pour la pose d'un pacemaker, est décédé d’une insuffisance cardiaque en juillet dernier, six jours après l’opération. Jeudi, ses parents ont annoncé avoir déposé une plainte pour homicide involontaire contre l'hôpital.

Cette famille de Martigues a dénoncé "des manquements humains et matériels graves et répétés liés à la qualité des soins prodigués". Elle reproche notamment à toute l’équipe soignante de ne pas avoir pris en compte la douleur d’Anthony et son état de santé qui se dégradait.

"Mon fils m'a dit ‘sors-moi de là, ici c'est pire que la prison’", a confié le père du jeune homme. Sa mère, interrogée par Europe 1, affirme qu’"il n’a pas été pris au sérieux. Pour eux, tout allait toujours très bien".

"J’ai une haine profonde" : 

Le directeur de l’hôpital a diligenté une enquête interne. Mais, assure Pierre Pinzelli, "sur le déroulement de la prise en charge, je ne vois pas de difficultés particulières". Et de préciser : "les premiers éléments ne correspondent pas" à ce que dit la famille. "La prise en charge de sa douleur a fait l'objet d'un suivi attentif et rigoureux, dans un établissement reconnu comme l'un des meilleurs dans ce domaine sur le territoire national et coté A+ dans la prise en charge de la douleur", a-t-il ajouté, indiquant attendre les résultats définitifs de l'autopsie.

Les décès après ce type d'opération sont "rares"

La famille pointe également du doigt l'hospitalisation d'Anthony en réanimation polyvalente et non en réanimation cardiaque, comme annoncé par le médecin qui avait effectué l'intervention. En réponse, Pierre-Edouard Magnan, président de la commission médicale de l'établissement de la Timone, a précisé jeudi que l'hospitalisation en réanimation cardiaque n'était "pas la règle" : "40% des patients opérés en chirurgie cardiaque sont pris en charge en service de réanimation générale".

"Je ne suis pas certain que (les parents, ndlr) étaient conscients de la gravité de la maladie de leur enfant", a assuré Pierre-Edouard Magnan tout en reconnaissant que les décès pour ce type d'opérations sont "rares".

Anthony souffrait depuis la naissance d'une cardiopathie "qui lui permettait de vivre normalement", selon sa famille, jusqu'à ce qu'un malaise en février le conduise à faire des examens révélant "des troubles du rythme cardiaque" que la pause d'un stimulateur cardiaque devait réguler. L'opération, "nécessaire mais non urgente", selon la famille et les médecins, a été effectuée le 21 juillet dans le service de chirurgie cardiaque de l'hôpital de la Timone.

La Timone compte chaque année 230.000 journées d'hospitalisation et enregistre "moins de dix plaintes" de patients par an, a souligné le directeur.