Une opposition "sociale" au PSG

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Une opposition "sociale" au PSG
@ MAX PPP
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Le sociologue Erwan Poiraud revient sur les incidents violents entre supporters parisiens.

Dimanche, lors du match PSG-Olympique de Marseille, des incidents violents ont éclaté entre supporters parisiens. L’un d’eux, roué de coups, est toujours dans le coma. Erwan Poiraud, sociologue, auteur de Amour, gloire et crampons - Pour une sociologie du foot, revient sur les racines de cette violence. Il était l’invité mercredi matin d’Europe 1.

Comment expliquer d’un point de vue sociologique ces violences au sein du club parisien ?
"Le PSG est un club un peu particulier parce qu’il y a une opposition presque sociale entre les deux tribunes", analyse Erwan Poiraud. Dans une grande ville, plus encore dans une capitale, "il y a souvent deux clubs [de football]. Or, à Paris, cette opposition, au lieu de se traduire entre deux clubs, elle se traduit dans un même club", ajoute-t-il.

Quels sont les groupes qui s’affrontent au sein du PSG ?
Il y a d’un côté, à Paris, la tribune d’Auteuil, "qui renvoie à un public ethnique, de banlieue, brassé et mixé". De l’autre, la tribune de Boulogne "qui est d’avantage associé à l’extrême-droite pour faire un raccourci. Et ça a créé une opposition historique qui est d’ordre politique, au début des années 80, avec la montée du Front national", précise Erwan Poiraud.

Un supporter de foot est-il forcément violent ?
Erwan Poiraud ne généralise pas. Il pointe une certaine catégorie de supporters violents qui viennent "au stade pour se confronter" parce que cela fait partie du "rituel". Mais "ça n’existe pas qu’au PSG", ajoute-t-il.

Le PSG a pris de nouvelles mesures pour tenter d’en finir avec cette violence, la fin de la vente des billets pour les déplacements notamment. Est-ce suffisant ?
Ce problème "ne peut se résoudre qu’à moyen terme par une politique du club dans la durée et par les politiques gouvernementales", assure Erwan Poiraud. Or dans le passé, "très souvent, les directions du club ont été complices de ces situations : elles n’agissent pas dans la durée, elles ne maintiennent pas dans la durée les exclusions de stade, elles reviennent discuter avec les supporters, elles leur redonnent du pouvoir", met-il en garde.