Une journée à l'e-G8

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Une journée à l'e-G8
Nicolas Sarkozy à l' e-G8@ MAX PPP
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Voici ce qu'il ne fallait pas rater du premier G8 du web, qui se tenait mardi à Paris.

Les chefs d'entreprises emblématiques du monde du web ont ouvert, mardi à Paris, le premier e-G8, forum du numérique. La France, dont l'image est historiquement celle d'un régulateur dans la "jungle" de l'Internet, espère ainsi redorer son blason en accueillant des têtes d'affiche comme Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, ainsi que Google et Twitter. Europe1.fr a suivi, minute par minute, cette journée :

ACTE V - Hadopi en débat

20h00 : L' e-G8 reprendra mercredi, à 09 heures. Retrouvez le programme sur le siteeg8forum.com.

18h43 : Jérémie Zimmermann, porte-parole de La Quadrature Du Net, met de l'ambiance dans la salle, en prenant la parole. Il fait valoir que "les internautes qui téléchargent le plus soient aussi ceux qui dépensent le plus" en biens culturels.

18h30 : "Nous n'allons pas changer le mode de fonctionnement du web pour protéger des industries de cette taille", renchérit John Perry Barlow, pointant du doigt "des gens bien payés" chez Universal. "Pour l'instant, cette conférence ne parle que d'imposer des mesures toujours plus restrictives. Si on commence par la propriété intellectuelle, on finira par contrôler toute l'expression. Cela ne peut que porter atteinte à une promesse : accorder à chaque être humain le droit de savoir, de satisfaire sa curiosité au plus haut degré, de s'exprimer, où qu'il se trouve. Voilà un héritage d'une importance cruciale".

18h26 : Lunettes vissées sur le nez, Pascal Nègre (Universal) prend la parole, s'oppose à John Perry Barlow puis lit son texte et reste collé à celui-ci.

18h12 : "J'ai l'impression de ne pas venir de la même planète !", s'étonne John Perry Barlow ( Electronic Frontier Foundation), très applaudi par la salle. "Certaines législations brisent la dynamique du net", assène-t-il. "On ne peut pas posséder le débat d'idées", dit encore l'ex-parolier du groupe de rock psychédélique Grateful Dead et farouche défenseur de la liberté d'expression, opposé à toute mesure répressive sur le web. Il ajoute ensuite : "il ne peut pas y avoir de contrôle modéré du web. Soit on le contrôle trop, soit pas du tout".

18h07 : Pour Antoine Gallimard des Editions du même nom, "le temps de l'édition et celui du web sont difficilement compatibles".

17h55 : Selon le ministre de la Culture, "Hadopi marche en France mais on ne le sait pas. En revanche Hadopi est beaucoup mieux considérée à l'étranger, notamment aux Etats-Unis."

17h46 : "Si on ne protège pas les droits d'auteur, on court vers la mort de la création", estime Frédéric Mitterrand qui ouvre le débat en évoquant le dossier Hadopi.

17h00 : La prochaine table ronde, portant sur la propriété intellectuelle, débutera à 17h20 avec le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, Pascal Nègre (Universal Music France), Antoine Gallimard (Editions Gallimard), Jim Gianopulos (20th Century Fox). Pour l'heure, "it's coffee break", annoncent les organisateurs.

16h20 : Début d'une autre table ronde intitulée "Future Net : What's next ?" consacrée aux avancées dans le domaine du web. La salle se vide, se vide, se vide.

ACTE IV - Murdoch, accueilli en chef d'Etat



16h11 : Rupert Murdoch termine son discours de chef d'Etat (seul lui et Nicolas Sarkozy ont eu droit de faire "un discours" aujourd'hui). Mes voisins, des journalistes américains, plient bagages. Fin de la journée pour eux.

16h05 : "Il n'y a pas de raison pour que n'importe quel étudiant dans le monde ne puisse télécharger un cours d'histoire de France", insiste Rupert Murdoch pour qui "Internet brise des frontières en matière d'enseignement". "Les avancées technologiques ne remplaceront jamais les enseignants", mais le numérique permettra aux étudiants d'aller plus loin dans les domaines qu'ils choisissent, permettra, en somme, une éducation plus personnalisée.

16h03 : "Dans mon pays (les Etats-Unis), on a doublé les dépenses mais nos résultats restent inchangés. La raison, c'est que ces fonds supplémentaires concernent un système qui ne marche pas. Certains diront que c'est parce que les enseignants sont trop pauvres ou viennent de famille d'immigrés : ce sont des foutaises ! En Chine ou en Inde, je suis stupéfait des résultats accomplis avec bien moins de ressources", ajoute-t-il. Concrètement, Rupert Murdoch suggère notamment de "stimuler l'imagination" des élèves et, plus encore, "d'individualiser l'enseignement".

16h00 : "Quelqu'un qui aurait fait une sieste pendant 50 ans ne reconnaîtrait rien aujourd'hui. Les médecins sont passés de moyens artisanaux aux IRM, les éditeurs de quotidiens délivrent des informations 24 heures sur 24. Tout a changé, mais pas l'éducation", assure Rupert Murdoch.

15h50 : Présenté par Maurice Lévy comme rien de moins que "l'homme le plus puissant du monde", Rupert Murdoch monte sur la scène de l'e-G8. La salle se remplit.

Rupert Murdoch

© EUROPE 1

ACTE III - Quel modèle économique pour Internet ?



15h30 : "C'est aux parents de définir le temps passé sur Facebook", explique Sheryl Sandberg du réseau social, confirmant que Facebook souhaite s'ouvrir aux moins de 13 ans. "Facebook peut même rapprocher enfants et parents", assène-t-elle sans donner d'arguments.

15h20 : Quel modèle économique pour le web ? "Internet, c’est aussi un problème d’argent, de business, et pas seulement de grands enjeux. Quand on en arrive aux modèles économiques, il faut trouver l’équilibre entre les besoins de financement et les revenus réels", répond Stéphane Richard (France Telecom - Orange). "Les télécoms sont ceux sur qui repose l’effort d’investissement … alors que, côté revenu… Il faut résoudre ce problème. Nous devons inventer de nouvelles approches business. La grande préoccupation que tout le monde doit avoir, c’est l’effondrement des réseaux", ajoute-t-il, jetant un froid dans la discussion.

15h00 : Curieuse métaphore de Jimmy Wales pour décrire la société qu'il a fondée : l'encyclopédie Wikipedia. "C'est un gros éléphant qui n'oublie jamais", explique-t-il posant implicitement la question du droit à l'oubli pour ceux qui veulent retirer certaines de leurs traces sur le web.

14h47 : La seconde table ronde - société et internet - commence avec du retard. C'est que les intervenants déjeunaient avec Nicolas Sarkozy, explique amusé Maurice Lévy, qui organise l'e-G8. La preuve :

Le gotha du web invité à l'Elysée

© REUTERS

14h44 : Selon nos informations, au maximum 8 personnes iront porter les synthèses de ce forum du web aux chefs d'Etat du G8, à Deauville.

12h43 : La première table ronde s'achève. Le gotha du web a rendez-vous à 14h30 pour écouter notamment Jimmy Wales (le fondateur de Wikipedia) parler des conséquences du web sur la société. Notre live reprendra à ce moment.

12h39 : Croisé dans les couloirs de l'e-G8, Jacques-Antoine Granjon, le fondateur de Venteprivée.com parle de la force des Etats-Unis dans le numérique :

Schmidt : "Internet évolue plus vite que les gouvernements"



12h31 : Petite pique d'une personne dans la salle concernant "le futur poste au FMI de Christine Lagarde". L'intéressée rougit. Un peu. Et évite de répondre.

12h27 : Question dans la salle pour fusiller Hadopi. La salle se réveille et applaudit. La ministre française de l'Economie assure qu'elle "portera" ce message.

12h11 : Eric Schmidt, du géant américain Google semble avoir une vision bien différente de Christine Lagarde : "Internet évolue plus vite que les gouvernements. Il ne faut donc se garder de légiférer avant de connaître les conséquences" de ces possibles lois.

11h32 : La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, discute Internet et croissance avec John Donahoe (eBay), Jean-Bernard Lévy (Vivendi), Hiroshi Mikitani (Rakuten).

Christine Lagarde

© EUROPE 1

11h08 : Selon Eric Scherer, sur son compte Twitter, l' e-G8 a été la cible de "hackers ce matin, déjoués pour l'instant".

ACTE II -Sarkozy : "personne peut contrôler Internet'



11h05 : Le président quitte la salle, l'audience se vide. La première table ronde va débuter. Au menu : "Internet et croissance économique" avec la participation d'Eric Schmidt (Google).

11h00 : Interrogé sur la manière dont Internet a changé sa manière de gouverner, le président français parle communication : "Vous savez mon équipe passe plus de temps à lire les sites web que la presse".

10h56 : "Personne ne peut contrôler ou stopper Internet", insiste Nicolas Sarkozy avant de quitter la salle. Pour autant, "la transparence totale, celle qui ne laisse jamais l'homme en repos, se heurte tôt ou tard au principe même de la liberté individuelle", insiste le président. "Ne laissez pas la révolution que vous avez lancée véhiculer le mal, sans entrave, ni retenue. Ne la laissez pas devenir un instrument aux mains de ceux qui veulent porter atteinte à notre sécurité, et donc à notre intégrité... Ne laissez pas la révolution que vous avez lancée porter atteinte au droit élémentaire de chacun à une vie privée et à une pleine autonomie", ajoute-t-il, plaidant pour "des règles de droit et de la morale" sur le web.

Sarkozy e-G8

10h47 : Questionné par un universitaire américain (Jeff Jarvis), le président français de ne pas "nuire" aux professionnels du numérique. "Je peux aussi vous promettre de préférer le soleil à la pluie", ironise ensuite Nicolas Sarkozy, qui assène : "Demandez moi des engagements plus forts" que simplement "ne pas vous nuire".

10h44 : Interrogé sur les révolutions arabes, Nicolas Sarkozy insiste : "Internet constitue l’échelle de crédibilité d’une démocratie, ou l’échelle de honte d’une dictature". Selon lui, "les peuples des pays arabes ont montré au monde qu'internet n'appartenait pas aux Etats, l'opinion internationale a pu ainsi constater qu'internet était devenu pour la liberté d'expression un vecteur d'une puissance inédite".

10h38 : "Avant les révolutions arabes, n'oublions pas qu'il y a eu les internautes iraniens", lance le chef de l'Etat, qui évoque ensuite sa "surprise" face à l'émergence du printemps arabe.

10h37 : Peu de questions dans la salle de l'e-G8, toujours anormalement silencieuse.

10h32 : "L'arrivée du numérique nous impose de nouveaux comportements : comme la transparence. Avec Internet, tout se sait", explique encore Nicolas Sarkozy qui insiste sur la "réactivité" dont les états doivent faire preuve.

10h28 : Nicolas Sarkozy aimerait que ce forum eG8 "se tienne chaque année" avant le G8.

Nicolas Sarkozy

© EUROPE 1

10h24 : "Au début, tout le monde m'a dit que cet e-G8 était une mauvaise idée", ironise Nicolas Sarkozy avant d'ajouter : "sauf Maurice Lévy".

10h16 : "En Tunisie et en Egypte, de simples individus ont pu faire vaciller un pouvoir qui s'était totalement déconsidéré en construisant des barricades virtuelles et des rassemblements bien réels", assure encore Nicolas Sarkozy, dans une salle silencieuse.

10h11 : "Vous avez changé le monde au même titre que Newton et Edison", lance le président.

10h07 : "Il s'agit de l'émergence d'une nouvelle forme de civilisation". Nicolas Sarkozy prend la parole et ouvre officiellement l'e-G8.

10h02 : "Ce forum est historique", lance Maurice Lévy (Publicis) introduisant le premier e-G8. "Tout ne sera pas résolu en deux jours mais nous avons une occasion de faire avancer internet", insiste-t-il.

09h57 : Nicolas Sarkozy fait son entrée à l'e-G8. Christine Lagarde, Frederic Mitterrand, Rupert Murdoch et sa femme Wendi Deng sont là pour écouter son discours.

Christine Lagarde, Frederic Mitterrand, Rupert Murdoch et sa femme Wendi Deng au forum e-G8

ACTE I - Un forum à trois millions d'euros



09h40 : Selon Maurice Lévy, PDG du groupe Publicis chargé par la présidence française d'organiser l'événement, son entreprise n'est "pas rentrée dans ses frais" avec l'organisation ce forum, financé par des investissements privés. "Le chiffre final" du budget du e-G8 mais qu'il est "de l'ordre de trois millions d'euros. Un complément sera supporté par Publicis comme cela était prévu", dit-il lors d'une conférence de presse. Maurice Lévy insiste aussi sur la participation du fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, dont la venue "a été une gymnastique assez difficile". "Zuck" fera une allocution mercredi après-midi, juste avant la session de clôture du e-G8, "qui se fera sous les yeux des participants, de manière complètement transparente".

Maurice Lévy

© EUROPE 1

08h40 : L'e-G8 a lieu dans les jardins des Tuileries, à Paris. Les premiers participants, dont le président du Conseil national du Numérique, Gilles Babinet, sont déjà arrivés.

07h00 : Le président Nicolas Sarkozy doit ouvrir cet e-G8 vers 10 heures.