Une instit’ payée par des villageois

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Une instit’ payée par des villageois
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Puy-Saint-Vincent, dans les Hautes-Alpes, a tout fait pour sauver sa classe de maternelle.

"Village de montagne recrute maître d'école". Cette drôle d’annonce publiée début juin par la commune de Puy-Saint-Vincent, dans les Hautes-Alpes, était pourtant des plus sérieuses. Elus et habitants de ce village de près de 300 âmes se refusaient à laisser fermer leur seule classe maternelle, dans le cadre d’un regroupement géographique décidé par l’Académie. Alors ils ont embauché Karine Chamberland, payée sur les deniers de la mairie, et qui a fait sa rentrée lundi, comme toutes les institutrices de maternelle de France,

Et lundi, ils n’étaient que 10, âgés de 2 ans et demi à 5 ans, à se presser devant le portail de la petite école communale. Une petite classe, mais un grand succès pour Paul Longchamp, adjoint au maire chargé de l’Education. "On est heureux d’avoir pu accueillir tous les enfants qui s’étaient inscrits. C’était très clair pour nous. Ce que l’Education nationale n’assumait pas, nous on dit qu’on le ferait", assure l’élu interrogé par Europe 1. Pour mener le projet à bien, il a fallu déclarer la classe de maternelle privée et hors-contrat.  

"Que ça se concrétise quelques années"

Côté parents, c’est le soulagement. "On est ravis que la mairie se soit mobilisée comme ça. On est heureux", sourit Olivia, mère d’un petit garçon en primaire et d’une fillette en maternelle. "Sinon Maxime serait resté ici en école publique et Lisa serait descendue certainement dans la vallée, à Vallouise  ou ailleurs. Ça aurait été un peu difficile." D’autant qu’en hiver, les routes pour descendre dans la vallée ne sont pas des plus sûres. Surtout en bus scolaire.

Même satisfaction du côté de l’institutrice, qui a signé un contrat d’un an, mais qui se verrait bien rester plus longtemps. "Tant qu’à faire, oui, je préfèrerais que ça se concrétise quelques années. On s’améliore aussi en restant au même endroit plusieurs années pour développer des actions", affirme Karine Chamberland, qui s’est mise en disponibilité de l’Education nationale pour pouvoir signer son contrat. "La rentrée s’est très bien passée, avec des petits enfants plein de vie et mignons tout plein. Et pas très nombreux, donc ça facilite les choses."

Le maintien de la classe va coûter cette année 36.0000 euros à la maire. A peine plus que ce qu’elle aurait dû débourser pour assurer le transport scolaire vers la vallée.