Une "dérive sicilienne" en Corse

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Une "dérive sicilienne" en Corse
Jacques Nacer, le président de la CCI corse a été assassiné mercredi soir à Ajaccio@ MAXPPP
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REACTIONS - L'émotion est vive sur l'île après le 17ème assassinat depuis le début de l'année.

"On sombre un peu plus chaque jour dans un abîme dont on pense qu'on ne pourra plus sortir", le constat peu optimiste est signé de l'avocat corse Marc Maroselli. Après l'assassinat de Jacques Nacer mercredi soir à Ajaccio, le 17ème sur l'île depuis le début de l'année, les réactions et l'émotion sont vives.

"Oui, c'est une zone de non droit"

"Autrefois il y avait des règlements de compte dans le milieu, aujourd'hui on s'en prend à la société civile. On est obligé de penser à une dérive sicilienne", estime le bâtonnier d'Ajaccio, Marc Maroselli, sur Europe 1. "Dans un endroit où il y a eu 17 morts depuis le début de l'année, on peut faire ce constat :oui, c'est une zone de non droit", ajoute l'avocat.

"On est obligé de penser à une dérive sicilienne" :

"L'Etat a longtemps essayé de régler les affaires corse maladroitement. Mais j'ai l'impression que c'était tellement compliqué qu'on a dit 'on les laisse se débrouiller entre eux'. Je n'ai pas le sentiment que les moyens maximum soient mis en oeuvre pour arrêter ce massacre", dénonce encore Me Maroselli. Après l'annonce de mesures pour lutter contre la criminalité en Corse, il y a moins d'un mois, Manuel Valls et Christiane Taubira, les ministres de l'Intérieur et de la Justice, sont arrivés sur l'île de Beauté dans la nuit de mercredi à jeudi.

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"On ne peut plus vivre avec cette spirale infernale"

"On ne peut plus vivre avec cette spirale infernale, où tous les mois il y a un mort. Ça suffit !", tonne de son côté Dominique Bucchini, le président de l'assemblée de Corse. "Il faut mettre les armes de côté et à tout prix créer les conditions, en punissant les coupables, pour que la Corse soit en paix comme elle le mérite", demande-t-il sur Europe 1.

Un constat également partagé par Camille de Rocca Serra, député de la Corse du Sud. "La Corse va mal et il va falloir du temps pour qu'on revienne à des valeurs essentielles, humanistes, républicaines", estime-t-il sur Europe 1. "Je pense que c'est une question de méthode, je voudrais qu'on fasse confiance à la justice territoriale. Trop d'affaires sont reportées à l'extérieur de l'île. La prise de conscience de la Corse doit se faire dans la responsabilité", juge le député.