Une demi-victoire pour Colonna

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Une demi-victoire pour Colonna
La défense d'Yvan Colonna, dont Me Dupond-Moretti fait partie, a obtenu gain de cause sur une possible motivation du futur arrêt de la cour d'assises.@ MAXPPP
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La Cour a satisfait la défense sur une possible motivation de son arrêt. Pas sur les gardes à vue.

Au lendemain de l’ouverture du troisième procès d’Yvan Colonna à Paris, la défense présente un bilan mi-figue mi-raisin sur les questions de procédure qu’elle a soulevées. Car les juges de la cour d’assises spéciale, chargés de juger le berger de Cargèse pour l’assassinat du préfet Erignac le 6 février 1998 à Ajaccio, ont coupé la poire en deux mardi dans la matinée.

D’abord, ils ont rejeté la demande des avocats de l’accusé sur les gardes à vue, en 1999, des autres membres du commando, au cours desquelles Yvan Colonna avait clairement été désigné comme l’auteur des coups de feu mortels. Mais les juges ont considéré que, même si les auditions se sont déroulées sans avocat, le procédé était légal à l’époque. Et qu’elles peuvent donc être considérées comme régulières et pouvant donc nourrir ce très lourd et très sensible dossier.

Geste d’apaisement

En revanche, le tribunal a accédé à une autre demande de la défense, en laissant la porte ouverte à une possible motivation de son arrêt. Concrètement, en cas de condamnation comme en cas de relaxe, les juges devront dire pourquoi ils ont pris leur décision et quels éléments les ont convaincus. La cour a décidé qu'elle attendrait un arrêt de la Cour de cassation prévu mi-mai concernant l'islamiste Rachid Ramda pour décider si elle motiverait ou non par écrit sa décision. Cela serait une grande première dans l’histoire judiciaire.

La Cour d’assises a adressé là un message d’apaisement à la défense, pour que l’ambiance électrique du dernier procès d’Yvan Colonna ne se répète pas. A l’époque, des insultes avaient fusé, et l’accusé avait même quitté son procès. Cette fois, le climat est clairement plus apaisé.

La journée de mercredi sera consacrée à l'interrogatoire de personnalité de l'accusé, ainsi qu'aux dépositions des membres de sa famille. Lors des deux premiers procès, Yvan Colonna s'était présenté comme un nationaliste corse tout en affirmant avoir abandonné tout militantisme actif bien avant les faits.