Un village mobilisé pour un meurtrier

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Un village mobilisé pour un meurtrier
Le village de Vezet se mobilise pour soutenir Charles Beau, condamné à un an de prison et 80.000 euros d'amende pour avoir tué un voisin simplet.@ GOOGLE STREET VIEW
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Charles Beau a été condamné à un an de prison et 80.000 euros d'amende pour avoir tué un voisin.

Il a déjà passé un an derrière les barreaux. Mais même s'il est sorti de prison, Charles Beau doit encore payer 80.000 euros de dommages et intérêts à la famille de sa victime. En 2008, cette électricien avait tué un de ses voisins, Frédéric Badet, un homme de 34 ans considéré comme simple d'esprit et souffre-douleur du village. Depuis deux mois, les habitants se mobilisent pour aider Charles Beau, rapporte Le Parisien.

La population de Vezet, un village de Haute-Saône, multiplie les mouvements de solidarité. Une chorale a notamment modifié ses statuts : en plus des cours de chants, elle s'occupe désormais officiellement de "réinsertion de personnes en difficulté". Une nouveauté qui ne bénéficie pour le moment qu'à Charles Beau.

La chorale a ainsi organisé des lotos, une tombola et des ventes de produits locaux, dont les bénéfices sont reversés au comité de soutien du meurtrier. "C'est bien pour lui et surtout pour l'avenir de sa famille, qui paie les conséquences de son geste car ces dommages et intérêts sont colossaux", estime Me Randall Schwerdorffer, l'avocat de Charles Beau.

Mais du côté de la famille de la victime, on ne voit pas les choses favorablement. "Mon fils est décédé, je ne le verrai plus, alors que M. Beau, qui est un meurtrier, est libre et soutenu par tout Vezet", dénonce la mère de Frédéric Badet. "Même le maire de Vezet et le conseil municipal ont voté une subvention de 1.000 euros" destinée à soutenir Charles Beau, regrette-t-elle.

Charles Beau, qui "a tout perdu dans cette affaire", selon son avocat, accepte volontiers l'élan de solidarité autour de lui. Il dit néanmoins comprendre la réaction de la famille Badet. "Je me mets à leur place. C'est sûr qu'ils ne doivent pas voir tout ce soutien d'un très bon oeil", confie-t-il au Parisien.