"Un travail de mémoire à Vichy"

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"Un travail de mémoire à Vichy"
@ Europe 1
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Le grand rabbin de France ne veut plus qu’on parle de Vichy pour évoquer le régime de Pétain.

Vichy. Le grand rabbin de France, Gilles Bernheim, s'est rendu à Vichy dimanche pour la 65ème journée de la déportation. "La ville de Vichy aujourd’hui, ce sont des habitants comme les autres qui souffrent qu’on parle de Vichy pour suggérer le régime du maréchal Pétain", a-t-il expliqué sur Europe 1 lundi. Il ne s’agissait pas d’un pardon. "C’est surtout un travail de mémoire qui s’est opéré à Vichy hier", a expliqué Gilles Bernheim.

Le maréchal Pétain. Le président du Front national, Jean-Marie Le Pen, a déclaré dimanche que "feindre de croire que le maréchal Pétain était responsable de la persécution des juifs pendant la guerre était une pensée scandaleuse", car "les juifs français ont bénéficié (...) de l'action de (son) gouvernement". Gilles Bernheim a trouvé "tragique de parler de la sorte quand on sait ce que fut le régime du maréchal Pétain". Il appelle donc à rouvrir les livres d’histoires "pour qu’avec nos enfants, nous apprenions le respect de la réalité et surtout de la vérité".

Loi et religion. "Il faut que ceux qui se disent victimes de l’islamophobie respectent les lois du pays dans lesquels nous vivons", a défendu le grand rabbin. "Le respect des règles de la société que nous composerons est essentiel sinon c’est la porte ouverte à tous les abus et la déstabilisation d’une société", a-t-il affirmé. "De fait, la loi du pays, sur un certain nombre de sujets, est la loi des communautés religieuses (...) sachant que le vrai principe, c'est le respect de l'autre, la discrétion, ne pas gêner son prochain", a-t-il ajouté.

Polygamie. Au sujet du développement de l’affaire de la conductrice verbalisée portant un niqab, il s’est dit "très frappé" qu’un homme puisse avoir plusieurs femmes. Il a rappelé qu’il était interdit à un rabbin de célébrer un mariage religieux en l’absence de certificat de mariage civil.

Burqa. "Si on est obligé d’envisager une loi, c’est qu’il y a certainement un échec de l’éducation", selon Gilles Bernheim qui veut "qu’on apprenne aux adolescents à respecter la femme". "En tant que rabbin, je poserais la question à l’Islam. "Ou bien il ne s'agit pas d'une loi de l'islam, à ce moment là que les représentants de l'islam le disent, ou bien il s'agit d'un avis très minoritaire, et il appartient au CFCM [Conseil français du culte musulman, ndlr] par exemple de dire quel traitement il opère sur les faits très minoritaires, ou alors c'est une loi et que l'islam le dise en France et que les choses soient claires." Le philosophe estime par ailleurs que "la singularité d’une personne réside dans l’expression de son visage".

Rapprochement juifs-catholiques. Gilles Bernheim estime que le pontificat de Benoît XVI "n’a pas changé grand chose" en France au rapprochement des juifs avec les catholiques. "La vraie difficulté pour nous juifs, c’est la béatification de Pie XII. Elle ne passe pas."