Un labo au bord de la faillite… à cause de l'Etat

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Un labo au bord de la faillite… à cause de l'Etat
@ Capture France 3
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Le ministère de la Justice doit 220.000 euros à ce laboratoire qui travaille pour les tribunaux.

C'est l'histoire d'une entreprise au bord du gouffre. Un laboratoire de haute technologie, qui, à la demande de la justice, travaille chaque année sur une cinquantaine de dossiers particulièrement pointus, risque de mettre la clé sous la porte. Ses comptes sont dans le rouge. Et pour cause : le ministère de la Justice doit en effet près de 220.000 euros à cette PME située à Laudun, dans le Gard. Des retards de factures qui mettent en danger Lipsadon.

Sollicité pour de grandes affaires. Avec des retards de factures de plus de quinze mois, la société est confrontée à de grandes difficultés financières. De nombreux employés ont été licenciés si bien que le laboratoire ne compte plus que quatre experts. Pourtant, ce n'est pas le travail qui manque. L'entreprise croule en effet sous les demandes des juges d'instruction.

Nettoyage d'images vidéo, reconnaissance vocale : Lipsadon propose une technologie de pointe unique en France. Les expertises de la société ont notamment permis d'identifier la voix de Youssouf Fofana, le tortionnaire du gang des barbares. Le laboratoire a également collaboré aux enquêtes sur le meurtre de Maître Sollacaro en Corse, ou encore l'évasion d'Antonio Ferrara.

"La justice est bien malade". Sauf que depuis un an, les crédits de la Justice ne sont plus du tout adaptés aux moyens nécessaires pour réaliser ces expertises. Pour Norbert Pheulpin, le patron de Lipsadon, le ministère de la Justice en demande trop, sans pour autant donner davantage de moyens.

"Il manque a minima 50% (des crédits, ndlr) tous les ans, sur chaque cour d'appel. On a donné des enveloppes limitatives, mais on n'a pas su calibrer ces enveloppes pour la Justice. Toutes les cours d'appel nous font des demandes de reconnaissance vocale de plus en plus souvent. Mais comme nous n'avons pas les moyens de les traiter, nous les reverrons aux juges d'instruction, en précisant que nous n'avons pas eu les moyens. La justice est bien malade", commente le chef du laboratoire au micro d'Europe 1.

Des dossiers sensibles concernant des trafics de stupéfiants, des meurtres, ou des braquages risquent donc de prendre des mois de retard. Car au 1er janvier, faute d'avoir été payé, le laboratoire mettra la clé sous la porte.