Un juge de Béthune mis en examen

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Un juge de Béthune mis en examen
Le haut-magistrat Pierre Pichoff est soupçonné de corruption.@ Maxppp
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Pierre Pichoff est soupçonné de corruption. Un lien avec l'affaire Hénin-Beaumont est possible.

Nouvel épisode dans l’affaire de corruption à Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais. Cette fois, les soupçons se portent sur le vice-président du TGI de Béthune Pierre Pichoff.

Ce magistrat solidement installé, en poste depuis plus de six ans, est incarcéré en attendant son audition lundi par un juge des libertés et de la détention. Il a été mis en examen jeudi pour corruption, trafic d'influence et escroquerie. Ces pratiques auraient duré près de trois ans. Pour le moment, le nombre de dossiers entachés de corruption est inconnu, tout comme le nombre de particuliers et d'entreprises qui en auraient bénéficié.

Déjà sanctionné par le CSM

Il avait été placé en garde à vue mardi matin, selon les informations de La Voix du Nord, confirmées par Europe 1. La brigade financière de la police judiciaire de Lille cherche à savoir si Pierre Pichoff a reçu des pots-de-vin pour donner des "conseils" ou rendre des décisions orientées.

Le magistrat de 58 ans, réputé pour son humanité et son écoute des justiciables, avait déjà fait l'objet de sanctions disciplinaires, de la part du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). En 1997, alors qu'il était vice-président du tribunal de Troyes, il s'était fait prêter une voiture par un garagiste, promu ensuite expert judiciaire auprès du tribunal. Il avait été rétrogradé.

Ecoutes téléphoniques

Pour le moment, les enquêteurs n’ont pas établi de lien direct avec les reproches faits à l’ex-maire d’Hénin-Beaumont Gérard Dalongeville, accusé lui aussi de corruption, et de détournement de fonds publics. Le procureur n'a pas écarté la possibilité de "liens indirects" entre les deux affaires, tout en se montrant très prudent.

Une certitude, le dossier Pierre Pichoff trouve bien son origine à Hénin-Beaumont. Le placement en garde à vue du vice-président du TGI intervient suite à l’analyse d’écoutes téléphoniques par les enquêteurs.

Le haut-magistrat risque 10 ans de prison et 15.000 euros d'amende.