Un internat en primaire contre l'échec scolaire

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Un internat en primaire contre l'échec scolaire
@ Europe 1 - Noémie Schulz
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REPORTAGE - Aubervilliers a créé dans l'Oise un internat d'excellence unique en France.

On connaissait "l'internat d'excellence" pour collégiens, le voici adapté pour les élèves de primaire. La ville d'Aubervilliers, en partenariat avec l'Etat, a mis en place une structure privilégiée dans l'Oise pour 19 élèves, six de 6ème, et treize de CM1-CM2.

Le bâtiment de l'internat mis en place dans l'Oise par la ville d'Aubervilliers

© Europe 1 - Noémie Schulz

Le but de cette opération est de mettre des jeunes élèves de 8 ou 9 ans dans les meilleures dispositions pour continuer leurs études. Chaque année, 150.000 jeunes quittent le système scolaire sans diplôme. Et près d'un élève sur sept arrive au collège en ne sachant pas bien lire, ni écrire.

80 euros par mois à payer par élève

Pour lancer cet "internat d'excellence" en primaire, la ville d'Aubervilliers n'a pas eu de mal à trouver des parents intéressés. Contre 80 euros par mois, ceux-ci laissent partir chaque semaine leur enfant dans l'Oise, à une heure de chez eux. Et si la séparation, chaque lundi matin à 6h30, est douloureuse, les parents sont convaincus de son intérêt.

"Je pense que c'est une chance pour les parents d'Aubervilliers, témoigne la mère d'une élève. On les laisse dans de bonnes mains. Et ça me permet de moins crier sur elle. C'est un stress en moins. Quand elle rentre le vendredi, généralement les devoirs sont faits", ajoute-t-elle.

"C'est une chance pour les enfants" :

 

 

"Ici, il y a beaucoup de délinquance. Si les enfants travaillent bien, ils passent pour des 'bouffons' auprès des autres. Après, ils se laissent mener par les petits groupes et ils finissent comme eux", ajoute une autre mère. "Et quand ils arrivent à 16 ans sans savoir lire et écrire et qu'on s'en rend compte, il est déjà trop tard".

Pas de télé, ni jeux vidéo

Après une heure de bus, les enfants se retrouvent dans une grande bâtisse qu'ils nomment "le château". Ils y sont totalement déconnectés de la vie d'Aubervilliers. Sur place, pas de télé, ni de jeux vidéo. L'ordinateur, lui, est rationné et sous bonne surveillance. Un changement qui ne semble pas déplaire aux enfants. "On a tout ce qu'on veut : de la végétation, des jeux, de la tranquillité et de l'herbe. A Aubervilliers, les récréations, c'est 'béton'", commente l'un d'entre eux.

"Dans la classe, avant, il y avait beaucoup de gens qui criaient", précise un autre. "Ici, on arrive à mieux se concentrer et à bien travailler. C'est comme si j'étais en vacances mais en travaillant".

"Ici, on peut bien se concentrer" :

Les deux enseignants et les assistants d'éducation stimulent constamment les élèves, que ce soit durant les devoirs ou à travers des ateliers culturels ou des jeux de société.

Avec ce mode de vie, l'équipe éducative cherche à rendre les enfants autonomes. Sans chercher le 20/20, elle essaie de leur apprendre à travailler seuls, à faire leur lit, débarrasser la table ou vivre en groupe. Avec pour finalité de les conserver le plus longtemps possible dans le système scolaire.