Un hacker français de 15 ans interpellé

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Un hacker français de 15 ans interpellé
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<CUSTOM NAME="HIGHLIGHT">INFO E1</CUSTOM> - Il aurait participé à l'"opération Payback", destinée à venger WikiLeaks.

Quinze ans et déjà crack de l’informatique. Selon les informations recueillies par Europe 1, un jeune Auvergnat a été arrêté le 16 décembre dernier par des gendarmes français spécialisés dans la cybercriminalité, soupçonné d’être à l’origine d’une des attaques contre les sites de Mastercard, Visa et Paypal début décembre 2010.

Un serveur hébergé en France

Ces attaques, rassemblées sous le nom d’"opération Payback", avaient été initiées et revendiquées par un groupe de hackers appelé Anonymous (les anonymes, en français). Ce groupe de cyber-pirates avait entrepris de saturer les trois sites de paiement en ligne, en représailles, après que Mastercard, Visa et Paypal eurent décidé de bloquer les moyens financiers de WikiLeaks.

Les enquêteurs du Service technique de recherches judiciaires et de documentation ont découvert que cinq des serveurs, à partir desquels les attaques sont parties, se situaient sur le territoire français. Avec l’autorisation de l’hébergeur, les gendarmes ont alors enquêté sur l’un des serveurs informatiques.

Les gendarmes spécialisés sont parvenus à remonter jusqu’à un homme d’une trentaine d’années qui leur a confié avoir donné ses mots de passe à un ado de 15 ans, via internet. L’adolescent aurait ensuite, grâce aux codes fournis, utilisé une centaine d’ordinateurs - dont les propriétaires avaient donné leur accord - et dirigé une attaque contre les trois sites de paiement en ligne. Une méthode régulièrement utilisée par le groupe des Anonymes.

"Le jeune homme de quinze ans gérait, à lui seul, trois serveurs dont un était en France", explique le lieutenant colonel Freyssinet, sur Europe 1 :

"Il n’était pas forcément conscient de la gravité"

L’adolescent, décrit comme un jeune autodidacte qui s’intéresse à l’informatique depuis l’âge de six ans, n’aurait pas piloté l’attaque par simple plaisir, mais par conviction. "Sa motivation à ce moment là était au service de l’idée qu’il était nécessaire de protéger un site d’informations [WikiLeaks], dont il estimait qu’il avait le droit de s’exprimer librement", confie le lieutenant colonel Freyssinet. "Il était conscient que ce qu’il faisait était illégal", souligne le gendarme. "Mais il n’était pas forcément conscient, du haut de ses quinze ans, de la gravité de cette action".

Le collégien risque, en théorie, jusqu'à cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende. Une peine également encourue par tous ceux qui, en France, ont accepté que leur ordinateur serve de relais pour ces attaques. Mais le jeune Auvergnat est aujourd'hui libre.

L'enquête, elle, se poursuit à l’échelle internationale. Un coup de filet a été lancé jeudi, notamment en Grande-Bretagne où cinq hackers âgés de 15 à 26 ans, également suspectés d'avoir mené des attaques informatiques dans le cadre du réseau Anonymous, ont été arrêtés dans la matinée.