Un fugitif relâché pour cause de gale

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Un fugitif relâché pour cause de gale
@ MAXPPP
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Cette maladie a été jugée incompatible avec sa peine par le parquet de Bobigny.

L'INFO. Condamné, un jeune fugitif de 20 ans était activement recherché pour exécuter sa peine d'un an de prison.  Interpellé en Seine-Saint-Denis, il a finalement été relâché. Pour quelle raison ? Il est atteint de la gale, une maladie bénigne mais  extrêmement contagieuse, au traitement couteux et fastidieux. Un état jugé incompatible avec une incarcération par le parquet de Bobigny qui a décidé de le libérer.

Trafic de stups, pétition et white spirit. En toile de fond de cette histoire : le trafic de drogue à Saint-Ouen et ses nuisances. L'homme a été condamné le 21 octobre dernier pour des violences sur une habitante qui faisait signer une pétition pour réclamer le droit à un quartier débarrassé des dealers.  Avec un complice, il est accusé de l'avoir intimidé avec du white spirit et des papiers enflammés. Mais l'homme, qui comparaissait libre à l'audience, avait pris la tangente avant le délibéré.

Un médecin remarque qu'il se gratte…. Sa cavale a donc pris fin jeudi dernier, quand des policiers l'ont interpellé à Villepinte. Des fonctionnaires n'ont d'abord pas remarqué les nombreux petits boutons rouges parsemés sur sa peau. Ce ne sera pas le cas d'un médecin avertit, qui, en passant devant l'une des cellules du commissariat, remarque ce jeune qui se gratte nerveusement.  Ces  rougeurs, ces démangeaisons : le médecin est persuadé qu'il s'agit de la gale, une maladie infectieuse de la peau, hautement contagieuse, qui peut se transmettre par un simple contact. Autant dire un enfer en milieu carcéral.

… et le parquet le libère. Le parquet de Bobigny ordonne immédiatement son transfert vers l'hôpital le plus proche. Mais une fois sur place, l'homme, encadré par des policiers, refuse de se soumettre aux traitements et devient agressif. Tellement agressif que le parquet, ne sachant quoi faire, décide à la surprise générale de le libérer.  Au sein de la police, cette décision suscite  désormais la colère et l'incompréhension. D'autant plus que quatre fonctionnaires ont du être traités préventivement contre la maladie. Contacté par Europe 1 dimanche, le parquet de Bobigny n'a pas souhaité répondre à nos questions. Le délinquant, lui, est à nouveau en fuite, encore recherché et toujours contagieux...