Un contrôleur SNCF agressé à Marseille

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Un contrôleur SNCF agressé à Marseille
@ MAXPPP
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Les agents ont exercé leur droit de retrait avant de reprendre le travail, vendredi.

"La coupe est pleine". Quelques heures après l’agression vendredi d’un contrôleur SNCF à la gare Saint-Charles de Marseille, les syndicats de cheminots se sont insurgé des violences, une nouvelle fois, subies par l’un des leurs.

Droit de retrait

Après avoir exercé leur droit de retrait durant quelques heures, les agents SNCFont voté en assemblée générale la reprise du travail, à partir de 14h, après avoir obtenu plusieurs garanties de la part de la direction lors d'une réunion vendredi midi.

Un calendrier a été décidé pour la mise en place dans les prochains mois de mesures visant à renforcer leur sécurité. Une dizaine de contrôleurs supplémentaires seront recrutés, notamment pour les trains qui partent très tôt le matin, et ceux qui partent très tard le soir. Un renforcement de la vidéosurveillance a également été acté.

Il voulait fumer dans le wagon

A l'origine de leur colère, l'agression d'un contrôleur SNCF, violenté vendredi matin dans un TER assurant la liaison entre Marseille et Nice. Alors que le train était encore en gare, l’homme a demandé à un voyageur, qui s'apprêtait à fumer un "joint" dans un wagon de descendre, selon les informations de RTL. En vain. La demande a visiblement déplu à l’usager qui s’en est pris à l’agent de la compagnie ferroviaire, le traînant sur le quai avant de le rouer de coups de poing et de pied.

L'agresseur a été immédiatement interpellé par les forces de l'ordre, a rapporté la SNCF.

L’agent SNCF, qui "souffre de pas mal de contusions au visage" selon Joël Nodin, délégué Sud-Rail, a été admis aux urgences de l'hôpital de la Conception de Marseille pour des examens. Il a quitté l’hôpital en milieu de matinée. Le deuxième contrôleur, une femme, a été extrêmement choquée. Elle s’est mise en arrêt de travail.

Agression "inadmissible"

L'ensemble des contrôleurs de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur ont alors exercé leur droit de retrait, perturbant fortement le trafic des TER.

"Ce qu'on demande maintenant, c'est une véritable table ronde sûreté, une vraie, avec une direction qui nous fournit des points concrets pour l'amélioration de la sûreté. Aujourd'hui, pendant que la direction réfléchit, nous, on prend des coups", a déploré Joël Nodin. La CGT a réclamé "de réelles annonces qui permettent de prendre en compte les revendications des agents en matière de sûreté, sécurité et lutte contre la fraude".

Qualifiant cette agression de "totalement inadmissible" et "que l'on ne peut tolérer", le ministre des Transports, Thierry Mariani, a néanmoins estimé qu'il ne fallait "pas banaliser" le droit de retrait. "Dans ce cas-là, ce n'était pas vraiment justifié. Je rappelle que le droit de retrait c'est un danger grave et imminent", a développé le ministre sur Europe 1.

"Si chaque fois qu'il y a un problème avec des usagers ou d'autres personnes et qu'il y a un droit de retrait du personnel de la SNCF, ce n'est absolument pas dans l'esprit du droit de retrait", a-t-il estimé.