Tueries : le jeu vidéo se défend

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Tueries : le jeu vidéo se défend
@ CALL OF DUTY
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Plusieurs voix ont relié la fusillade avec les jeux vidéo. Les professionnels s'indignent.

A chaque fait divers sanglant, il se retrouve sur le banc des accusés : le jeu vidéo est souvent pointé du doigt, accusé de magnifier la violence et de déconnecter les joueurs de la réalité.

Après les tueries de Montauban et de Toulouse, le reproche n’a pas tardé à refaire surface, le candidat à la présidentielle Jacques Cheminade assénant : "très souvent les meurtres de masse sont associés à des jeux vidéo violents". Les principaux accusés jugent l’accusation ridicule.

Le jeu vidéo sur le banc des accusés

"On parlait de ce qui s'est passé à Toulouse... Très souvent les meurtres de masse sont associés à des jeux vidéo violents. Ce n'est pas la cause, mais cela crée un climat", a lâché Jacques Cheminade, mardi matin sur Canal+.

Un reproche qu’a également formulé la nageuse Laure Manaudou, qui a rapidement réagi sur Twitter à la tuerie de Toulouse par un lapidaire "Supprimez ces jeux vidéo à la c.. Et ça ira déjà mieux !". Sans les nommer, on devine les cibles du candidat et de la nageuse : toutes les simulations de guerre et particulièrement Call of Duty et Battlefield.

Face à ce péril vidéoludique, le candidat à la présidence Jacques Cheminade a une proposition : "Il faut interdire, avec l’accord de représentants de nouvelles générations, les jeux vidéo violents : peut-être les partisans de cette interdiction d’une culture de la mort sont-ils aujourd’hui une minorité, mais nous l’étions aussi pour interdire la peine de mort et, au moins en cela, nous avons réussi".

"C’est tellement facile…"

Une nouvelle fois pointé du doigt, le principal intéressé, le secteur des jeux vidéo, n’a pas apprécié. "C’est tellement facile… 28 millions de Français jouent aux jeux vidéos, 90% des familles avec des enfants ont du jeu vidéo à la maison", a réagi pour Europe 1 Jean-Claude Larue, secrétaire général du SELL, le syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs.

Et ce dernier de poursuivre : "nous avons travaillé avec des psychiatres, des cliniciens, des pédopsychiatres qui nous disent qu’il n’y a aucune influence. Un malade, honnêtement, vous croyez que c’est parce qu’il joue aux jeux vidéo qu’il va aller flinguer des militaires ou flinguer des gosses dans une école ?"

"Le jeu vidéo fait partie de notre vie"

Claude Greff, secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Solidarités et chargée de la Famille, n’a pas été plus compréhensive. "Je trouve cela pas raisonnable de faire cet amalgame", a-t-elle expliqué à Europe 1.

"Le jeu vidéo fait partie de notre vie, comme les réseaux sociaux, Internet", a-t-elle poursuivi. "Aujourd’hui, il ne faut donc pas en avoir peur : il faut dire qu’il y a le bon, le meilleur, mais qu’il peu y avoir aussi le pire. D’où la nécessité pour nous de faire de la formation, de l'information, de la prévention et permettre aux parents d’être encore plus responsables".