Tuerie de Merah : "C'est un miracle si je suis encore là"

  • A
  • A
Tuerie de Merah : "C'est un miracle si je suis encore là"
Bryan Bijaoui, 17 ans, est la seule victime rescapée du lycée juif de Toulouse. Il a accepté de se confier.
Partagez sur :

TEMOIGNAGE - Bryan Bijaoui, 17 ans, est la seule victime rescapée du lycée juif de Toulouse. Il a accepté de se confier.

Le témoignage. Il a beaucoup réfléchi avant de répondre à Europe 1. "Et puis je me suis dit pourquoi pas : la plupart des gens qui m'ont soutenu ne savent pas ce que je suis devenu. C'est un moyen de leur dire ce que je suis devenu", confie Bryan Bijaoui. Ce jeune homme de 17 ans est la seule victime rescapée de Mohamed Merah. Il avait été grièvement blessé dans la tuerie du lycée juif Ozar Hatorah de Toulouse. C'était il y a un an et demi.

20.03_toulouse ecole ozar hatorah MAXPPP 930x620.jpg

© MAXPPP

"C'est un bel hommage". Alors que François Hollande, en visite officielle en Israël, doit se recueillir mardi sur les tombes des victimes de cette attaque, Bryan Bijaoui se dit "touché quelque part, mais sans exagération". "C'est gentil qu'il fasse ça. C'est un bel hommage, il n'était pas obligé de le faire", reconnaît le jeune homme.

"Moralement, ça va". Le 19 mars 2012, Bryan est touché à de multiples reprises par Mohamed Merah. "Grâce à Dieu, je vais bien. Moralement, ça va. Physiquement, je suis toujours avec un médecin et un kiné. J'ai été touché un peu partout : les poumons, l'estomac, le diaphragme. Je m'essouffle rapidement mais on s'y habitue, je travaille pour améliorer ça", confie-t-il sur Europe 1.

"Je n'essaie pas d'oublier". Cette fusillade, le lycéen qui tente de reprendre une vie normale ne l'oubliera jamais. "C'est quelque chose que je n'essaie pas d'oublier mais dont j'essaie de me servir pour avancer. Je ne dirais pas que j'y pense tout le temps ou que je n'y pense pas du tout, c'est quelque chose qui fait partie de ma vie, j'essaie d'avancer comme je peux", confie-t-il. Pour autant, Bryan veut garder ses souvenir pour lui : "J'ai des souvenirs, oui, mais je n'ai pas envie de les divulguer."

01.11 hommage collège-lycée juif Ozar Hatorah Toulouse. Mohamed Merah 930620

© Max PPP

"Je ne peux pas juger". Pour Bryan, très croyant, ce drame a encore renforcé sa foi. "C'est un miracle si je suis encore là ! Ne plus croire en Dieu après cela me semble impossible", assure-t-il. Le jeune homme dit même avoir pardonné à Mohamed Merah. "Je ne suis qu'un homme, je ne peux pas juger. Je ne peux pas me le permettre. Chacun a sa manière de faire, je ne suis pas parfait pour parler des autres", ajoute-t-il.