Tuberculose : l'arrêt du vaccin ne change rien

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Tuberculose : l'arrêt du vaccin ne change rien
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Une étude publiée mardi montre que l'arrêt du vaccin obligatoire pour les nourrisson n'a pas eu d'impact négatif.

Cinq ans après l'arrêt du vaccin obligatoire anti-tuberculose BCG pour les nourrissons en 2007, le constat est plutôt rassurant. Il n'y a pas eu de recrudescence du nombre de cas de tuberculose chez les enfants en France. C'est ce que révèle une étude publiée mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH).

"Le nombre de cas de tuberculose chez les enfants de moins de 5 ans, en 2010, est stable par rapport à la période 2000-2005", soulignent des chercheurs de l'Institut de veille sanitaire (InVS) dans cette étude. Ainsi, on a compté en 2010, 120 cas de "tuberculose maladie" pour des enfants de moins de cinq ans, contre 129 en moyenne par an sur la période 2000-2005.

"Elément rassurant" 

La part des cas de tuberculose pédiatrique sur le total de la population touchée en France reste à la fois faible et stable avec 2,3% des cas en 2010 contre 2,2% des cas en 2000/2005. "Les données ne montrent pas d'impact des nouvelles modalités de vaccination au-delà de ce qui était attendu", indique l'étude qui note une diminution des cas de tuberculose chez les enfants en Ile-de-France (IdF). 

"Globalement, la part des cas de tuberculose survenant chez les moins de 5 ans est stable et le nombre de formes graves de l'enfant reste très faible en France, ce qui constitue un élément rassurant", souligne l'étude. 

En 2007, l'obligation de vaccination par BCG chez tous les enfants et l'adolescent a été "suspendue" pour être remplacée par une "forte recommandation" de vaccination pour les enfants considérés comme les plus exposés à la maladie, notamment ceux résidant en Ile-de-France et en Guyane. 

La France, un pays à "faible incidence" 

En conséquence, les données montrent pour 2010 que près de 80% des enfants de moins de neuf mois ont été vaccinés en Ile-de-France. Mais en dehors de cette région, la couverture vaccinale reste "insuffisante" pour les enfants considérés comme à risque, à savoir principalement ceux nés dans une zone de forte endémie ou bien d'un parent venant d'une telle zone, jugent les chercheurs de l'Invs.

Pour la population générale, les données en matière de tuberculose en France "témoignent d'une baisse des cas déclarés en 2009 et en 2010" avec 5.187 cas en 2010, en baisse de 1,7% sur 2009. La France est considérée comme un pays à "faible incidence" mais avec d'importants écarts entre régions (IdF, Guyane et grandes villes sont les plus touchés) et entre populations. 

La tuberculose derrière le VIH 

"L'augmentation des taux de déclaration dans un certain nombre de départements franciliens, même si elle est très limitée, et les taux élevés retrouvés parmi les personnes nées à l'étranger et récemment arrivées en France doivent inciter à ne pas relâcher les efforts de lutte antituberculeuse dans un contexte de fortes disparités", souligne le BEH. 

D'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la tuberculose est la deuxième cause de mortalité par infection, après le VIH, avec 1,3 millions de décès en 2010. Le nombre de nouveaux cas de tuberculose en 2010 dans le monde a été estimé à 8,8 millions, dont 40% en Asie du Sud-Est et 26% en Afrique subsaharienne.