Trappes : les policiers sur le qui-vive

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Trappes : les policiers sur le qui-vive
@ MAXPPP
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Un rassemblement de centaines de personnes "hostiles" a eu lieu devant un commissariat vendredi soir.

Les policiers sont en alertes samedi soir, à Tulles, dans les Yvelines. Il faut dire que la nuit de vendredi à samedi a été tendue. Entre 200 et 400 personnes "hostiles" à la police se sont réunies aux alentours d’un commissariat de la ville avant de se disperser aux alentours d’une heure du matin. Les gros cailloux et les douilles de grenades lacrymogènes qui jonchaient le sol après le rassemblement témoigne de la vive tension qui a régné pendant quelques heures. Le calme était finalement revenu samedi matin, même si les forces de l'ordre restent mobilisées.

Quatre blessés, six gardes à vue. Selon le procureur de la République de Versailles, Vincent Lesclous, trois policiers ont été légèrement blessés durant les échauffourées. Un garçon de 14 ans a lui été grièvement blessé à l'oeil par un projectile venu d'une origine indéterminée, a poursuivi le magistrat, qui s'exprimait lors d'une conférence de presse. Six personnes ont été arrêtées et placées en garde à vue à l'issue des affrontements ayant opposé 250 jeunes aux forces de l'ordre, a ajouté le procureur.

"Inacceptable", pour Valls. "Aucune raison ne justifie ces violences, elles sont inacceptables", a déclaré Manuel Valls à la presse lors d'un déplacement à Marseille. "L'ordre public est rétabli, il sera rétabli à Trappes (...) Des effectifs nombreux sont déployés et resteront déployés toute cette fin de semaine. S'en prendre aux forces de l'ordre, aux institutions, aux biens publics n'a aucun sens, ne règle aucun problème et est inadmissible", a encore déclaré le ministre de l'Intérieur, sans évoquer les circonstances de ces heurts.

Un témoin a filmé une partie de la scène :



A l’origine, un contrôle qui tourne mal. Le rassemblement "violent", selon une source préfectorale qui n'en pas expliqué l'origine, s'est formé aux environs de 20h30. Sous couvert de l'anonymat, le responsable d'une association de musulmans a expliqué que la manifestation faisait suite à l'interpellation jeudi d'un homme qui s'était opposé au contrôle par la police de son épouse portant un voile intégral. Selon le procureur, l'homme a tenté d'étrangler un policier lors du contrôle. Un premier attroupement s’était formé avant que l'homme et son épouse ne soient arrêtés. Il a été remis en liberté dans la journée et placé sous contrôle judiciaire. Il sera convoqué prochainement devant un tribunal.

Des témoignages relayés notamment pas le site al-kantz évoquent au contraire un contrôle musclé et parlent de violences policières. Le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) affirme de son côté avoir été contacté par la femme voilée dans un communiqué publié sur son site internet. Selon le CCIF, le mari de cette femme s'est opposé à des "provocations" de la police et a été "molesté".

Guérilla urbaine. Le lendemain, dans l’après-midi, un groupe d’une vingtaine d’hommes demandent la libération du gardé à vue. Ils repartent sans incidents. Mais quelques heures plus tard, les violences éclatent. Revenant sur les faits, le préfet des Yvelines Erard Corbin de Mangoux a expliqué qu'il y avait eu "deux périodes". La première "intense" s'est déroulée de 20h30 à 21h45 avec le "siège" du commissariat. Des jeunes ont jeté des pierres en direction du bâtiment et sur les policiers. La deuxième, qui s'est passée entre minuit et 2h00, a constitué en des "épisodes sporadiques", avec des dégradations de matériels urbains, notamment des poubelles incendié-s et des abribus brisés.

Une soixantaine de CRS… et un hélicoptère. Pour ramener le calme, une soixantaine de CRS et autant de renforts venus des environs ont été dépêchés sur place. Un hélicoptère a même été utilisé pour survoler la ville. Les abords du commissariat de Trappes restaient déserts dans la soirée de samedi mais une trentaine de fourgons de CRS étaient toujours postés sur place. Les renforts seront maintenus dans le quartier des Merisiers, classé zone urbaine sensible (Zus), "tant que nous sentirons des menaces", a souligné le préfet Erard Corbin de Mangoux, en appelant les habitants "au calme".