Trafic d'armes : 45 personnes interpellées

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Trafic d'armes : 45 personnes interpellées
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COUP DE FILET - Elles ont été interpellées lundi dans le cadre d'une enquête sur un vaste trafic d'armes international entre la France et les Balkans.

Vaste coup de filet dans le milieu du grand banditisme lundi. Quarante-cinq personnes ont été interpellées dans le cadre d'une enquête sur un important trafic d'armes international. Ce trafic portait sur plusieurs centaines d'armes de guerre, de munitions et de pièces détachées, en provenance des Balkans et de Slovaquie, depuis 2009. Près de 300 gendarmes ont été mobilisés pour cette opération qui s'est déroulée en région parisienne, en Rhône-Alpes et Provence-Côte-d'azur et en outre-mer.

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Une simple perquisition à l'origine de l'enquête. Les investigations ont débuté en février 2012, à la suite d'une simple perquisition pour recel de vol chez un homme résidant en Haute-Marne. Là-bas, les gendarmes découvrent une vingtaine d'armes de poing et d'épaule, dont des armes de guerre et des milliers de munitions. Rapidement, les premières investigations orientent les gendarmes sur une filière slovaque.

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Deux filières de trafic d'armes dans les Balkans. En raison du volet international de l'affaire et de la sensibilité du dossier, la Juridiction inter-régionale spécialisée (Jirs) de Nancy est saisie et l'enquête est confiée à la Section de recherches de Reims en co-saisine avec le groupement de gendarmerie de Haute-Marne. Une cellule nationale d'enquête "ARMES 52", basée à Reims, est constituée. Lors de leur enquête, les gendarmes identifient des hommes qui achètent des armes et des pièces d'armement auprès de la même filière. Les enquêteurs mettent ainsi au jour une seconde filière originaire des pays balkaniques.

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Des armes achetées... en toute légalité. Aussi surprenant que cela puisse paraître, les suspects se procuraient ces armes en toute légalité. Ils les recevaient même directement par colis postaux, en échappant ainsi aux contrôles. Comment est-ce possible ? En réalité, les trafiquants présumés se faisaient passer pour des collectionneurs. Sur Internet, ils commandaient des pièce détachées ou même une arme complète qui a été "neutralisée" : qui n'est plus en état de fonctionner. Sauf qu'en Europe, les règles ne sont pas les mêmes partout. Résultat : à partir de deux armes neutralisées de deux façons distinctes, les suspects peuvent en remonter une parfaitement opérationnelle. "Une Kalachnikov, dans certains pays, va être percée au canon. Dans d'autres, la neutralisation se fait à partir du percuteur. Avec ces différentes armes en provenance de ces différents pays, un collectionneur doté de certaines connaissances et d'un certain matériel, à la capacité de pouvoir reconstituer une arme en parfait état de fonctionnement", explique, au micro d'Europe , le lieutenant-colonel Didier Berger qui dirige la section de recherches (SR) de Reims. 

Ainsi se sont plusieurs centaines d'armes, dont des armes de guerre, des munitions et des pièces détachées, qui ont transité par ces réseaux depuis 2009.  Parmi les personnes interpellées, figurent ainsi des hommes en relation avec le milieu criminel, manifestant "la porosité entre le milieu des amateurs d'armes et celui du grand banditisme". Les perquisitions étaient toujours en cours en fin de matinée lundi. 38 personnes ont été placées en garde à vue.

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