"Tournantes" : "l'attente de justice"

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"Tournantes" : "l'attente de justice"
le procès se tient jusqu'au 12 octobre@ MAXPPP
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Les deux victimes ont fait face à leurs 14 agresseurs présumés au 1er jour d'audience mardi.

Ils étaient quatorze face aux deux victimes, dans un éprouvant face à face à huis clos. Nina et Stéphanie (le prénom de cette dernière a été modifié, Ndlr) ont assisté mardi, devant les assises des mineurs du Val-de-Marne, au premier jour du procès de ceux qu'elles accusent de multiples viols collectifs appelés "tournantes". Les faits se sont déroulés entre 1999 et 2001 à Fontenay-sous-Bois . Les deux jeunes femmes n'étaient alors âgées que de 16 et 15 ans.  

Tous contestent les faits

Treize des accusés comparaissaient libres. Tous ont tenté de se présenter sous leur meilleur jour. Il faut dire que 13 ans après les faits, leur situation personnelle a changé. Certains sont mariés et pères de familles. La plupart sont insérés et travaillent comme dirigeant de petites entreprises, ambulancier, intérimaire, chauffeur-livreur, ou encore producteur de rap. Un à un, ils ont contesté les viols collectifs dont ils sont accusés. Deux positions se sont dégagées : ceux qui assurent de ne "même pas" connaître les victimes et ceux qui soutiennent que Nina et Stéphanie étaient consentantes.  En sortant de la salle d'audience, dissimulé derrière un gilet de laine, l'un d'eux a murmuré "on est innocent".

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"Une attente de justice, pas de vengeance"

Nina et Stéphanie, avec la force de celles qui réclament justice, ont tenu le choc face à un discours très dur à supporter pour elles. La mère de l'une d'entre elles n'a d'ailleurs pas pu encaisser ce concert de dénégations et a quitté la salle avant la fin de l'audience. Aujourd'hui presque trentenaires, elles abordent le procès avec "une attente de justice, pas un désir de vengeance", souligne leur avocate, Me Clotilde Lepetit. Elles s'exprimeront mercredi.

Un procès houleux

Selon Me Arnaud Richard, qui défend un des accusés, "le procès va être un peu houleux, chacun a sa position à défendre". Ce que confirme Me Amar Bouaou en prévenant que ses clients sont "déterminés à montrer leur innocence". Au cours de l'enquête, les violeurs présumés ont tenté de se rejeter la faute les uns sur les autres. Il n'est pas impossible que ce comportement rejaillisse au fil des audiences.  Ils encourent jusqu'à vingt ans de réclusion criminelle. Le procès, qui selon la présidente de "Ni putes ni soumises", Asma Guenifi, "va permettre d'envoyer le message que la honte doit changer de camp, et va permettre à d'autres victimes de parler" est prévu jusqu'au 12 octobre.