Toulouse : le profil du tueur se précise

  • A
  • A
Toulouse : le profil du tueur se précise
criminologues et enquêteurs s’accordent sur un point : le meurtrier des trois parachutistes de Toulouse et Montauban a fait preuve d'un sang-froid déconcertant.@ REUTERS
Partagez sur :

Les enquêteurs privilégient la piste d'un militaire xénophobe à Toulouse et Montauban.

Trois affaires hors du commun mais la même façon d'opérer, le même sang-froid et peut-être un même tueur à scooter. Si le lien n’est pas encore officiellement établi entre les tueries à Toulouse et Montauban, des moyens exceptionnels ont été déployés, car, pour les enquêteurs, il est capable de récidiver.

La plupart des criminologues et enquêteurs s’accordent sur un point : le meurtrier des trois parachutistes de Toulouse et Montauban a fait preuve d'un sang-froid déconcertant pour tirer sur quatre parachutistes en plein jour, dans des lieux fréquentés, sans laisser derrière lui d'indice pouvant conduire à sa capture rapide.

Une "grande confiance en lui"

A Toulouse comme à Montauban, il a tiré sur des hommes désarmés et ne s'exposait donc pas à une riposte. Pour rendre plus difficile son identification, il a gardé son casque intégral sur la tête quand il tirait. Par ailleurs, pour ne pas laisser derrière lui de traces ADN ou d'empreintes, il a "nettoyé" le chargeur retrouvé sur les lieux du second crime, selon le ministre de l'Intérieur Claude Guéant.

Il doit avoir une "grande confiance en lui pour commettre ces crimes en suivant le même mode opératoire. Il connaît les armes. Il tire pour tuer, il sait où il faut tirer pour tuer", a souligné une source proche de l'enquête. "Il ne laisse rien au hasard. Ce n'est pas un tueur de masse qui tire dans la foule avec un pistolet automatique place du Capitole", ajoute un officier à Libération.

"Une dynamique criminelle"

Les assassinats sont "méthodiques". "C'est un homme visiblement entraîné, mais, en même temps, c'est difficile de rater sa cible quand on tire à bout portant", relève une autre source proche de l'enquête.

Jean-François Abgrall, psycho-criminologue va également dans ce sens. Ces méthodes "supposent de la prise d'information et de la préparation (...) mais aussi beaucoup de maîtrise. A Montauban, il a même écarté une passante car elle ne faisait pas partie de ses objectifs", argumente le spécialiste dans Le Parisien. Pour l'ancien gendarme, "il n'y a aucune raison qu'il arrête. Il est entré dans une guerre, il est dans une dynamique criminelle".

La piste d’un militaire xénophobe

De par sa "connaissance parfaite" des armes, son "sang-froid", sa "capacité à garder son calme", sa "détermination", son côté "sportif", sa maîtrise "de la conduite de deux-roues à moteur de forte puissance", les enquêteurs envisagent ainsi d'avoir à faire à "un militaire ou paramilitaire", ancien ou encore en service, individu "xénophobe et raciste", ou néo-nazi.

Le 17ème RGP de Montauban auquel appartenaient les trois militaires visés lundi dans cette ville avait été le théâtre, d’après Le Point , de démonstrations nazies de la part de trois de ses militaires, dénoncés à leur hiérarchie par un autre qui a depuis quitté l'armée.

L'hypothèse d'un "déséquilibré sans idéologie", bien que "pas exclue", ne paraît toutefois pas "tenir la corde", selon des enquêteurs. Jean-Pierre Bouchard, criminologue, partage également cet avis. "Pour nous les psy, la folie a une connotation bien précise. La plus répandue est ce qu'on appelle la schizophrénie (...) et quand ils commettent des faits criminels, ils les commettent de façon très désorganisée", explique-t-il au micro d'Europe1. "Donc ça veut dire que par rapport à cette enquête, on a très peu de chances d'être dans ce type de folie là", a conclu Jean-Pierre Bouchard.