"Touche pas à ma pute" : le "manifeste des 343 salauds"

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"Touche pas à ma pute" : le "manifeste des 343 salauds"
@ Maxppp
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 Eric Zemmour, Frédéric Beigbeder, Basile de Koch ou Richard Malka figurent parmi les signataires.

"Tous ensemble, nous proclamons: touche pas à ma pute!", peut-on lire dans "Le manifeste des 343 salauds", une pétition contre l'abolition de la prostitution à paraître dans le magazine Causeur de novembre.

"Nous considérons que chacun a le droit de vendre librement ses charmes - et même d'aimer ça. Et nous refusons que des députés édictent des normes sur nos désirs et nos plaisirs", argumente le texte dont l'AFP a eu copie mercredi.

Révélée par des médias, la pétition, fortement commentée sur les réseaux sociaux, a été lancée en réaction à une proposition de loi renforçant la protection des personnes prostituées et la lutte contre le système prostitutionnel déposée à l'Assemblée.La proposition de loi qui doit être examinée fin novembre prévoit notamment la création d'une amende de 1.500 euros sanctionnant le recours à la prostitution, doublée en cas de récidive.Parmi les premiers signataires, dont "certains sont allés, vont, ou iront aux 'putes'", figurent notamment Frédéric Beigbeder, Basile de Koch ou Richard Malka.

"Homos ou hétéros, libertins ou monogames, fidèles ou volages, nous sommes des hommes. Cela ne fait pas de nous les frustrés, pervers ou psychopathes décrits par les partisans d'une répression déguisée en combat féministe. Qu'il nous arrive ou pas de payer pour des relations charnelles, nous ne saurions sous aucun prétexte nous passer du consentement de nos partenaires", plaident-ils. La directrice de la rédaction du mensuel Causeur, Élisabeth Lévy, explique dans un communiqué avoir "décidé de batailler par l'humour pour cette cause sérieuse". "Nous ne défendons pas la prostitution, nous défendons la liberté. Et quand le Parlement se mêle d'édicter des normes sur la sexualité, notre liberté à tous est menacée", déclare-t-elle.

Le nom de la pétition fait référence au manifeste publié par le Nouvel Observateur en 1971 et signé par 343 femmes pour dire "j'ai avorté" alors que l'IVG est encore passible de poursuites. Sous la plume ironique de Charlie Hebdo, elles deviennent les 343 "salopes".