Timide mobilisation contre l'austérité

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Timide mobilisation contre l'austérité
A Strasbourg, il y avait près de 300 manifestants dans la rue.@ Max PPP
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Entre 66.000 et 130.000 personnes ont manifesté. Le front syndical apparaît fissuré.

A moins de deux mois de l'élection présidentielle, les mouvements sociaux n'ont pas la cote. Entre 66.000 et 130.000 personnes, selon les sources, sont descendues dans la rue mercredi pour la Journée européenne contre l'austérité. Quelques mouvements de grève limités ont légèrement perturbé le transport aérien.

Sous le mot d'ordre "trop c'est trop", la Confédération européenne des syndicats (CES) avait appelé les organisations de salariés des pays européens à lancer des mobilisations à la veille du sommet de l'UE chargé de signer le nouveau traité budgétaire. Du côté français, il s'agit de dire "non à la hausse de la TVA", précise Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT, alors que cette mesure voulue par Nicolas Sarkozy doit être adoptée mercredi soir par le parlement.

"Anéantir le modèle français"

Au total, 160 manifestations et rassemblements ont réuni quelque 130.000 personnes dans toute la France, selon la CGT. Le bilan définitif du ministère de l'Intérieur dénombre, lui, 66.000 personnes ayant participé à 180 manifestations à l'appel de l'intersyndicale (CGT, CFDT, Unsa, Solidaires, FSU).

A l'appel de la CGT, FSU et Solidaires, 15.000 Franciliens, selon la CGT, 8.500 selon la police, ont défilé à Paris entre Bastille et Nation."Cette journée, c'est le plus important meeting du mois de février", s'est targué le leader de la CGT, Bernard Thibault, à la tête du cortège parisien. Tous les syndicats sont unanimes pour dire que le traité" européen "est nocif", mais les modalités d'actions choisies sont différentes, a-t-il dit.

"Il veut finir son sale boulot, anéantir le modèle social français", dénonçaient sur une banderole quelque 300 manifestants à Strasbourg, en allusion au président sortant dont ils brandissaient un portrait. A Marseille, entre 2.700 manifestants, selon la police, et 10.000, selon les syndicats, sont partis en défilé du Vieux-Port : "refusons les plans de rigueur, exigeons une autre répartition des richesses", réclamaient-ils.

Quelques perturbations dans les aéroports

L'appel à la grève lancé par la CGT a eu quelque écho dans le transport aérien. A la suite d'une grève des contrôleurs aériens, les aéroports de Pau et Rouen ont dû fermer, entraînant l'annulation de 34 vols. Selon Air France, les aéroports de Marseille, Nice et Lyon sont les plus touchés. A Lille-Lesquin, Air France a annulé sept vols sur 18 au départ.

Mais le trafic était normal dans les aéroports parisiens d'Orly et Roissy ainsi qu'à la RATP. Côté rails, le trafic TGV province-province est en moyenne de deux trains sur trois.

"La tête au débat politique"

Cette mobilisation est marquée par une forte division syndicale. La CFDT et FO reprochent à la CGT une mobilisation "politique" dirigée contre Nicolas Sarkozy et une "démarche partisane" avant la présidentielle. François Chérèque, le numéro un de la CFDT est parti à Bruxelles et n'a pas défilé aux côtés de Bernard Thibault à Paris.

Les salariés "ne souhaitent pas que les syndicats les amènent dans la rue" et "ont la tête au débat politique", a affirmé François Chérèque qui rappelle les faibles mobilisations des deux précédentes journées d'action des 11 octobre et 13 décembre.

De son côté, le numéro un de FO, Jean-Claude Mailly, qui a toujours boudé l'intersyndicale, a prévenu : "nous ne participons pas à des manifestations en France avec une connotation politique française". Selon lui, "le rôle d'un syndicat n'est pas de donner des consignes directes ou indirectes de vote" mais "de rester indépendant et neutre".