Tiah Beye, 1ère "Miss Black France"

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Tiah Beye, 1ère "Miss Black France"
Miss Black France 2012 et ses dauphines.@ CAPTURE D'ECRAN FACEBOOK
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Cette étudiante sénégalaise parisienne a été élue samedi soir sur fond de polémique.

Avant même sa tenue l'élection faisait déjà couler de l'encre. Samedi soir à Paris a eu lieu un concours de beauté inédit en France, celui des "Miss Black France". Seule condition pour pouvoir participer : avoir la peau noire. Sélectionnées parmi mille candidatures, 18 jeunes femmes, âgées de 17 à 28 ans, se sont affrontées, avec le soutien du Conseil représentatif des associations noires (Cran).

Mbathio Beye, surnommée Tiah Beye, une étudiante sénégalaise de 21 ans, de Paris, préparant un master de stratégie marketing, est reparti avec le titre. Les dauphines de la 1ère Miss Black France sont Romy Niaba, 22 ans, étudiante en sciences politiques, française d'origine ivoirienne, domiciliée à Nantes, et Aissata Soumah, 23 ans, étudiante en école de commerce, de nationalité guinéenne et domiciliée à Troyes.

"Célébrer la beauté noire"

Considérant que "l'élection Miss France n'est pas assez représentative", l'organisateur et créateur du concours, Frédéric Royer, journaliste et animateur, entend avec cette élection "célébrer la beauté noire". "Les femmes noires sont très peu à la une des magazines et à Paris les mannequins noirs sont beaucoup moins employés qu'à Londres", a ajouté Frédéric Royer, s'étonnant de la polémique suscitée par son concours de beauté.

Malgré le plein soutien du Cran dont le président Louis Georges Tin a assisté à l'élection, plusieurs associations et personnalités ont, en effet, fait part de leur interrogations.

Patrick Lozès, fondateur et ancien directeur du Cran, n'est pas convaincu par le principe. "Si je considère qu'il n'y a pas assez de Noirs dans les grandes écoles, ce qui est le cas, je ne vais pas aller jusqu'à créer une école réservée aux Noirs !", explique-t-il à L'Express. Pour lui, "ce n'est pas les aider que de leur montrer qu'elles ne pourront réussir que si elles ne sont qu'entre femmes noires".

"Ne pas 'ethnicer' la question du corps noir"

Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, "on milite pour le vivre ensemble. Il ne faut pas 'ethnicer' la question du corps noir. La volonté d'institutionnaliser le concours est contreproductive".

Dans Le Monde daté de samedi, l'historien Pascal Blanchard, spécialiste des immigrations au CNRS et auteur de "La France noire", s'est dit "choqué" par le concours, jugeant que l'initiative est "stupide" et "dangereuse".

Samedi soir, Frédéric Royer a estimé que "la polémique est la preuve qu'il y a un malaise sur la question de la femme noire, et cela nous conforte dans notre démarche qui est de la mettre pour une fois en lumière". La chaîne Trace Urban et les radios Africa N°1 et Tropiques FM comptaient parmi les partenaires de "Miss Black France 2012". L'initiative a aussi reçu le soutien de Geneviève de Fontenay, pour qui "la France d'aujourd'hui, c'est la mixité".

Ce concours de beauté souhaitait par ailleurs sensibiliser sur la drépanocytose, l'une des maladies génétiques les plus répandues (50 millions de personnes atteintes dans le monde), particulièrement fréquente dans les populations d'origine africaine subsaharienne, des Antilles, d'Inde, du Moyen-Orient mais aussi du bassin méditerranéen