TGV: nuit de galère pour 10.500 voyageurs

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TGV: nuit de galère pour 10.500 voyageurs
Un suicide sur une voie dans la Drôme et une caténaire arrachée entre Bordeaux et Paris ont provoqué de gros retards.@ MaxPPP
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Le plan "Pégase" a été activé à Paris après les retards de plusieurs TGV en provenance du sud.

Un suicide sur une voie dans la Drôme et une caténaire arrachée entre Bordeaux et Paris ont provoqué dans la nuit de lundi à mardi de gros retards sur les TGV reliant le Sud et le Sud-Ouest à Paris, au terme d'un "week-end noir" de la Pentecôte, avec une dizaine de morts sur les voies. 10.500 voyageurs sont arrivés à Paris dans la nuit, après la fermeture du métro.

En conséquence, la préfecture de police de la capitale a déclenché le "plan Pégase" (Plan contre l'engorgement des gares en situation exceptionnelle). Ce dispositif est activé après 23 heures, lorsqu'un incident ferroviaire entraîne des retards importants, et vise à renforcer les transports en commun (bus et taxis) dans les gares concernées (de Lyon et Montparnasse).

La circulation sur l'ensemble du réseau a pu reprendre normalement mardi matin depuis 6h.

Une dizaine de TGV déroutés

Les problèmes ont commencé à 19h04 avec un suicide, lorsque "le TGV 6181 (provenant de Paris et roulant vers Marseille) a percuté une personne aux environs de la gare de Valence TGV" (Drôme), a indiqué un porte-parole de la SNCF. Les passagers du train, endommagé par l'impact, ont dû être transbordés dans un autre TGV et subiront plus de trois heures de retard, a-t-il précisé. Les deux voies à grande vitesse entre Lapalud (Vaucluse) et Valence (celle allant vers Paris et celle allant vers le sud) ont été coupées en attendant la fin des constatations de police et l'enlèvement du corps. Le trafic y a repris vers 23 heures et devrait se normaliser dans la nuit.

Trois autres trains se trouvant sur ces voies au moment du suicide ont dû rebrousser chemin et emprunter une voie parallèle classique, donc plus lente, occasionnant des retards de deux à trois heures.

Plus d'une dizaine de TGV, directement déroutés sur voie classique, accusent des retards allant de 45 minutes à une heure, précise la SNCF. "Le haut-parleur nous a annoncé trois heures de retard", a indiqué une journaliste de l'AFP se trouvant dans un TGV Toulon-Paris, qui fait partie des trois se trouvant sur la portion Lapalud-Valence et a dû donc faire marche arrière. "Le barman vient d'annoncer qu'il n'y a plus de sandwichs. Mais c'est calme, les gens restent stoïques", a-t-elle décrit.

Un TGV a arraché une caténaire

Un nouvel incident s'est produit vers 20h30, sur la ligne Paris-Bordeaux cette fois, lorsqu'un TGV Paris-Tours a arraché une caténaire (le câble l'alimentant en électricité) dans l'Indre-et-Loire, endommageant au passage son pantographe (qui relie le câble au train) et perturbant le trafic dans les deux sens.

Ses 525 voyageurs ont été transbordés en gare de Saint-Pierre-des-Corps, en Indre-et-Loire, et connaîtront un retard de plusieurs heures avant d'arriver à Tours, selon le porte-parole de la SNCF. "Ils seront remboursés de leur billet et on leur offre un autre billet de même valeur", a-t-il ajouté.

Un Paris-Bordeaux avec 3h30 de retard

Comme pour la ligne entre Paris et le Sud, les autres trains Paris-Bordeaux ou Bordeaux-Paris sont depuis l'incident déroutés sur une voie classique. "Une dizaine de trains connaissent des retards de deux heures ou plus. Nous rembourserons intégralement leurs passagers", a assuré le porte-parole.

Sur le terrain, "on nous annonce au moins 3h30 de retard", selon une autre journaliste de l'AFP se trouvant dans un train Bordeaux-Paris, bloqué au niveau de Châtellerault, dans la Vienne, avec 420 passagers.

Le porte-parole de la SNCF a évoqué "un week-end noir" de la Pentecôte. "Nous sommes très inquiets de la progression des suicides, a déploré Michel Pronost, porte-parole de la SNCF. Depuis samedi, nous en avons enregistré 12 sur l'ensemble du territoire."