Tchernobyl : "c’est écoeurant"

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Tchernobyl : "c’est écoeurant"
Maryse Suzoni, malade d'un cancer de la thyroïde, ne décolère pas après le non lieu.
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TEMOIGNAGE - Après le non-lieu dans l’enquête sur l’impact en France, une malade dit sa colère.

"Ecœurant". C’est le sentiment que Maryse Suzoni, atteinte d’un cancer de la thyroïde, a depuis mercredi, et l’annonce d’un non-lieu dans l’enquête sur l’impact du nuage de Tcherbobyl en France. D'après les juges, il est impossible de faire un lien direct entre le passage du nuage et l'apparition de certaines maladies dans l’Hexagone.

"C’est écoeurant, on en revient toujours à la même chose, on cache (…) Il faut prouver le lien de cause à effet, comme si on ne savait pas que Tchernobyl avait fait des dégâts", dénonce Maryse Suzoni, habitante de la Corse, sur Europe 1.

"On  n’a pas été informés"

Outrée par cette décision, celle qui a été diagnostiquée à l'été 1988 note la grande différence entre la gestion du problème par la France et par l’Italie. "Je veux dénoncer ce genre d’attitude : on a dit que le nuage s’est arrêté aux frontières, on n’a pas été informés. Qu’on compare le taux de cancer en Italie et en Corse, et ils verront qu’il y a certainement une différence, parce qu’en Italie, la population a été prévenue, ce qui n’a pas été fait en France". Selon elle, la raison est simple : "parce que ça mettait en péril le nucléaire".

Malgré tout, elle reste persuadée  que son cancer est lié à la catastrophe survenue en avril 1986. "La maladie est là, elle sera toujours là, et due à Tchernobyl, ça c’est clair et net".

"C'est dû à Tchernobyl" :

"C’est scandaleux"

Denis Fauconnier, médecin généraliste à la retraite, a lui aussi exprimé sa colère sur Europe 1. Il a été le premier en Corse à avoir alerté les pouvoirs publics sur les dangers du nuage, deux semaines seulement après la catastrophe. "Ce qui m’avait inquiété, c’était des patients qui revenaient d’Italie et qui m’avaient parlé des mesures prises en Italie. Il était là-bas impossible de trouver des produits frais (ils sont considérés comme dangereux en cas de contamination radioactive, ndlr)", se souvient-il.

Alors qu’il estime à +144% la hausse des cas de cancer thyroïdiens en Corse après la catastrophe de Tchernobyl, le praticien s’insurge contre la décision de justice. "C’est scandaleux parce qu’on n’a vraiment pas voulu trouver des liens. Moi dans mon coin, j’ai réuni des preuves irréfutables de l’impact de Tchernobyl sur la région", a-t-il tenu à préciser. Avant de lancer à nouveau : "c’est scandaleux, les preuves sont là, il y a une mainmise sur l’information et sur les données scientifiques".