Taxis : nouvelle manifestation annoncée en février

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Taxis : nouvelle manifestation annoncée en février
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Cinq syndicats appelaient lundi à se mobiliser contre la concurrence des véhicules de tourisme avec chauffeur.

L'INFO. Taxi contre VTC. Des centaines de taxi ont manifesté à l'appel de cinq syndicats lundi à Paris et dans plusieurs grandes villes pour défendre leur emploi, menacé selon eux par la "concurrence déloyale" des voitures avec chauffeur. Deux cortèges étaient prévus dans la région parisienne, notamment au départ des aéroports de Roissy et de Orly. L'opération escargot a provoqué lundi matin environ 242 kilomètres de bouchons cumulés, des débordements violents ont également eu lieu près des aéroports. Après un rendez vous au ministère de l'Intérieur, les représentants ont menacé d'organiser une nouvelle journée de grève le 10 février prochain.

Des manifestations partout en France. A 15h, environ 300 taxis étaient stationnés derrière l'hôpital militaire des Invalides, mais selon les organisateurs des manifestations, le gros des troupes parti de Roissy n'était pas encore arrivé à destination. Des rassemblements sont annoncés aussi à Marseille, Bordeaux, Montpellier et Lyon. Une délégation devrait être reçue dans l'après-midi au ministère de l'Intérieur.

Les voitures de tourisme dans le viseur. Selon Nordine Dahmane, secrétaire général de FO-taxis, "la coupe est pleine".  Premier sujet d'"exaspération": les voitures de tourisme avec chauffeurs (VTC), en pleine croissance. Dans leur tract, ils dénoncent les "multinationales du VTC", "véritable lobby qui détruit nos emplois". Sans signalétique lumineuse, ces véhicules peuvent être réservés pour une course mais n'ont en théorie pas le droit de prendre des passagers à la volée dans la rue. Les taxis les accusent d'opérer sans réservation et dénoncent une concurrence déloyale.

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Pour calmer les fédérations patronales de taxis, un décret impose depuis le 1er janvier aux VTC un délai de 15 minutes entre la réservation et la prise en charge. Mais cet arbitrage du gouvernement n'a pas suffi à apaiser les syndicats, qui réclament une réglementation plus stricte (course minimum de 60 euros, délai de 30 minutes entre réservation et prise en charge, gel des licences).

Une "pénurie". De l'autre côté, les sociétés de VTC (Uber, Chauffeur-prive.com, etc.) sont vent debout contre le décret. L'une d'elle (Allocab) a d'ailleurs saisi lundi le Conseil d'Etat.  L'Autorité de la concurrence, qui considère que le développement des VTC permettrait de "rééquilibrer la demande et l'offre de transports particuliers", notamment en région parisienne où il y a pénurie, s'était elle-même montrée très critique sur le décret. Mi-2013, on recensait dans l'Hexagone près de 5.300 entreprises de VTC exploitant plus de 9.800 véhicules. Le nombre de taxis dépasse les 50.000.

La TVA. Autre motif de grogne à l'origine de la grève de lundi : le relèvement de la TVA sur les transports de 7 à 10% au 1er janvier. Les syndicats réclament un retour à une taxation à 5,5%.

Le transport des malades. L'intersyndicale demande aussi l'ouverture d'une "négociation nationale" sur les conditions tarifaires du transport des malades, en partie opéré par les taxis. Nordine Dahmane dénonce en particulier un "diktat des caisses d'assurance maladie" qui "demandent aux taxis un rabais de 15%".

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