"Tanja à jamais dans nos coeurs"

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"Tanja à jamais dans nos coeurs"
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Une marche silencieuse s’est tenue samedi en la mémoire de la mère du petit Ibrahima.

C’est en silence qu’ont défilé samedi après-midi environ cinq cents personnes à Fontenay-sous-Bois, dans le Val-de-Marne. Une marche en l’honneur de Tanja, la mère du petit Ibrahima, pour qui l’"Alerte enlèvement" avait été déclenchée mardi.

Un dernier hommage

"Nous souhaiterions que cette marche soit silencieuse et sans aucun commentaire", a déclaré Sasa, le frère de Tanja, avant que le cortège ne quitte la mairie en direction du domicile de la jeune femme, dont le corps a été retrouvé mardi lardé de coups de couteau. C’est ainsi derrière une banderole sur laquelle était écrit "Tanja à jamais dans nos coeurs", que la famille, les amis et voisins de la jeune femme, ainsi que le maire de Fontenay-sous-Bois, Jean-François Voguet, ont défilé en silence, arborant des T-shirts à l'effigie de la victime ou portant des photos de Tanja et d'Ibrahima sur leur manteau.

Arrivée devant le domicile de Tanja, la famille s'est recueillie quelques instants, puis des roses et des tulipes blanches ont été déposées en mémoire de la jeune femme. "Tanja était réservée (...). C'est révoltant, c'est barbare. On est là pour rendre hommage à Tanja et aussi pour dire non à ces actes", a déclaré Sarah B., 25 ans, amie d'enfance de la victime.

Le drame

Tanja a été assassinée par son ancien compagnon, Mahamadou Doucouré. Le jeune homme de 28 ans a été mis en examen vendredi pour ce meurtre et l'enlèvement de leur fils Ibrahima, retrouvé sain et sauf mardi après le déclenchement du plan "Alerte enlèvement".

La polémique

La famille de la jeune femme assassinée a accusé jeudi police et justice d'avoir ignoré les menaces de mort proférées par Mahamadou Doucouré, séparé de la victime depuis mai 2009. "Les agresseurs vivent dans l'impunité et on laisse les victimes face à leurs bourreaux", a dénoncé Sihem Habchi, présidente de l'association Ni Putes Ni Soumises, présente dans le cortège. Evoquant le meutrier présumé de Tanja, Sihem Habchi a déclaré : "c'est un homme que l'on connaît. Ni Putes Ni Soumises s'occupe de jeunes femmes qui l'ont dénoncé pour viols et sont aujourd'hui menacées de mort".

"Cette femme aurait pu être sauvée, ne serait-ce que si elle avait été placée dans un foyer", a regretté Marie Aouamri, 67 ans, dont la fille habite à proximité du lieu du drame.

La mort de Tanja a conduit le gouvernement à annoncer une lutte renforcée contre les violences faites aux femmes par leurs maris ou ex-conjoints. Le ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, devrait présenter la semaine prochaine au Parlement le dispositif - déjà expérimenté en Espagne - de bracelet électronique mobile pour maris violents.