Suspendus, deux antidiabétiques inquiètent

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Suspendus, deux antidiabétiques inquiètent
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L'Afssaps a décidé jeudi de retirer l'Actos et le Competact du marché à cause de leur dangerosité.

Un médicament qui soigne une pathologie mais qui en provoque une autre encore plus grave. L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) s'est penchée jeudi sur le cas de deux médicaments qui auraient des effets secondaires désastreux : l'Actos et le Competact, des antidiabétiques, entraîneraient des cancers de la vessie. Au nom du principe de précaution, l'Afssaps a décidé de suspendre immédiatement du marché ces médicaments.

Augmentation du nombre de cancers

C'est la molécule qui compose les médicaments, la pioglitazone, qui est sur la sellette. Selon un rapport de la Caisse nationale d'assurance-maladie présenté jeudi matin à l'Afssaps et qu'a pu consulter Le Monde, "il existe 'une association statistiquement significative' entre l'exposition à la pioglitazone (...) et l'incidence du cancer de la vessie." Le nombre de cancers augmenterait de 22% en cas de prise de la molécule, et même de 75% si le dosage est élevé, selon le rapport.

L'Afssaps a donc décidé de suivre les recommandations de la commission d'autorisation de mise sur le marché. La suspension a été adoptée à 25 voix pour et une abstention. Les ventes en pharmacies des médicaments à base de ploglizatone avaient déjà chuté de 30% depuis une mise en garde de l'Afssaps en avril dernier.

L'Afssaps divisée sur le sujet

L'Actos et le Competact avaient été placés sur la liste des 77 médicaments surveillés par l'Afssaps en janvier. Mais selon les informations du Figaro, les avis étaient très divisés au sein de l'Afssaps sur l'avenir de la molécule. "Les échanges sont houleux à l'agence à propos de ce médicament", écrivait le quotidien en avril.

"Il y a quelques médicaments anciens dont on sait que, oui, ils ont des effets indésirables mais ils font plus de bien que de mal. En particulier la Metformine, un des plus anciens médicaments du diabète", a décrypté Bruno Toussaint, directeur de la revue Prescrire, vendredi sur Europe 1.