Suicides dans l'agriculture : "heureusement ou pas, je suis vivant"

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Suicides dans l'agriculture : "heureusement ou pas, je suis vivant"
C'est une hécatombe. Près de 500 suicides ont été enregistrés sur les trois années 2007, 2008, 2009 chez les agriculteurs français.@ REUTERS
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TÉMOIGNAGE - Michel Bini a tenté de se donner la mort en 1999… comme bien d'autres agriculteurs.

Le témoignage. " Je suis passé à l'acte". Michel Bini, agriculteur dans le Gers, a tenté de se donner la mort en avalant des cachets, en 1999, alors qu'il croulait sous les dettes. "Heureusement ou malheureusement, je suis toujours vivant. Le sort en a voulu comme ça", raconte-t-il au micro d'Europe1. Aujourd'hui malgré une maladie qui l' handicape très lourdement, il doit toujours travailler pour subsister et ses problèmes financiers sont toujours là. Il a accepté de témoigner pour briser un tabou et pour aider ses collègues qui traversent les mêmes difficultés. Car le "sort" n'a pas été aussi clément avec tous ses confrères.

>> Lire aussi : Suicides : le drame des agriculteurs

Le phénomène. "Maintenant il faut aider les autres. On n'a pas le droit de laisser crever nos payants", alerte Michel Bini. Près de 500 suicides ont en effet été enregistrés sur les trois années 2007, 2008, 2009 chez les agriculteurs français, selon l'Institut national de veille sanitaire (INVS) qui publie jeudi la première étude officielle sur le sujet. Le taux de mortalité par suicide dans la profession dépasse ainsi largement celui enregistré chez les ouvriers (31,8 pour 100.000) et les salariés tous secteurs confondus (24,7 pour 100.000). Le suicide est ainsi la troisième cause de décès dans le monde agricole après les cancers et les maladies cardiovasculaires.



Suicides dans l'agriculture : "heureusement ou...par Europe1fr

"On a rien fait mal". "On vous prend tout : les comptes, de l'entreprise et perso, on vous déshabille", décrit Michel Bini en guise de récit de sa détresse. "Puis les gamins commencent à vous tourner le dos, à dire 'ton boulot c'est de la merde'. La femme ne veut plus rester avec un gars qui est endetté. Tout est bloqué de partout. On est content de trouver une pièce pour acheter du pain", renchérit-il. Et de conclure : "on travaille, on a rien fait de mal et on y arrive pas parce que le système nous massacre".