Suicide d'un juge : enquête ouverte trois ans après

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Suicide d'un juge : enquête ouverte trois ans après
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Une enquête préliminaire a été ouverte trois ans après son suicide. A l'époque, le juge avait laissé une lettre dénonçant sa charge de travail.

Juste avant son suicide, il avait laissé une lettre dans laquelle il dénonçait "sa charge de travail". Une enquête préliminaire a été ouverte en décembre 2013, trois ans après le suicide d'un juge, a indiqué lundi Robert Gelli, procureur de la République de Nanterre, confirmant une information du Point.

"Impossible de faire face à la charge de travail". Philippe Tran-Van, juge d'instruction au tribunal de grande instance de Pontoise, avait mis fin à ses jours en septembre 2010. Surmené, il avait laissé une lettre, dénonçant sa hiérarchie et le manque de moyens de la justice. "On dit que je suis incompétent pour gérer mon cabinet, alors qu'avec la meilleure volonté du monde, il est impossible de faire face à la charge de travail", avait-il écrit.

"Je préfère en finir, car me battre contre ma hiérarchie pour faire valoir mes moyens de défense me semble vain", avait-il ajouté. Un rapport d'évaluation, critique à l'encontre du magistrat, avait été rendu par l'une de ses supérieures peu de temps avant son décès.

"Rétablir la vérité". Dénonçant "l'inaction du ministère de la Justice dans ce dossier", Jocelyne Tran-Van, la mère du juge, a déposé plainte en septembre 2013 contre X pour "homicide involontaire" et "mise en danger de la vie d'autrui". "L'Inspection générale des services judiciaires a dédouané les supérieurs de Philippe, concluant que le problème venait de sa vie de couple. Or les difficultés au sein de son couple découlaient justement de sa surcharge de travail", a estimé Jocelyne Tran-Van. "J'espère que cette enquête va permettre de rétablir la vérité", a-t-elle souligné.

Une série de suicides. De son côté, Emmanuel Poinas, secrétaire général FO-Magistrats, s'interroge. "Il y a eu quatre suicides en trois ans dans le giron de la cour d'appel de Versailles, à Nanterre, Pontoise et Versailles. On se pose des questions. D'autant que peu de choses ont été faites, depuis, pour tenter de remédier à ces drames", souligne-t-il. Contactée, la Chancellerie n'a pas répondu aux demandes.