Soutiens de luxe pour un ancien "Conti"

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Soutiens de luxe pour un ancien "Conti"
Eva Joly a prononcé un discours de soutien au syndicaliste Xavier Mathieu, jugé en appel à Amiens, pour avoir refusé de soumettre à un prélèvement ADN.@ MaxPPP
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Quatre candidats à la présidentielle ont manifesté en faveur de Xavier Mathieu, jugé à Amiens.

Ils n’étaient pas moins de quatre candidats à l'élection présidentielle à avoir fait le déplacement en Picardie mercredi. Leur objectif ? Apporter leur soutien au syndicaliste Xavier Mathieu, ancien leader des salariés de l’usine Continental de Clairoix, jugé en appel à Amiens.

Le syndicaliste est poursuivi pour avoir réfusé de se soumettre à un prélèvement d'empreinte génétique, comme l'exige la loi, suite à sa condamnation pour le saccage de la sous-préfecture de Compiègne en avril 2009.

Eva Joly (EELV), Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche), Nathalie Arthaud (LO) et Philippe Poutou (NPA) ont défilé chacun de leur côté entre la gare d'Amiens et le palais de justice. Ils ont pris part à un cortège composé de 200 à 300 personnes, dont de nombreux ouvriers de Continental. Pour le PS, la sénatrice de l'Oise Laurence Rossignol était aussi présente.

"C'est la loi qu'il faut changer", selon Eva Joly

"Ce n'est pas la place des syndicalistes ou des faucheurs volontaires de se retrouver dans les fichiers. C'est la loi qu'il faut changer", a déclaré l'écologiste Eva Joly, vêtue d’un manteau rouge, devant les manifestants. Pour Jean-Luc Mélenchon, "les puissants s’acharnent contre Xavier Mathieu, ils veulent le faire craquer", a-t-il confié à Europe 1. Le candidat du Front de gauche à l’élection présidentielle a jugé de son "devoir" d’être présent à la manifestation.

Xavier Mathieu,  relaxé en première instance, s’est montré combatif et ému par le soutien apporté par ses collègues de Continental et les candidats de gauche. "Je pense que c’est très sincère si ces gens sont-là aujourd’hui. Il n’y a pas de récupération", a-t-il réagi au micro d’Europe 1.

Mis sur le même plan qu’un criminel

Selon le syndicaliste, son cas est particulier puisque le délit commis l'a été dans le cadre d'une action syndicale. Il refuse donc ce prélèvement qui le mettrait, à ses yeux, sur le même plan que des criminels. "Ces gens-là trouvent-ils normal que je me retrouve avec (Marc) Dutroux dans un fichier", s'est interrogé Xavier Mathieu avant l’audience.

Le parquet d’Amiens n’a cependant pas été sensible aux arguments de Xavier Mathieu. Il a requis une amende de 1.000 à 1.500 euros à l’encontre du syndicaliste. Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 13 février.