SNCF : calme plat dimanche

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SNCF : calme plat dimanche
@ Max PPP
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Le changement d'horaires a débuté dans le calme dimanche. Mais les difficultés devraient arriver

C'est donc parti pour le chamboulement des horaires SNCF. Annoncés depuis des mois, les nouveaux horaires des trains sont entrés en vigueur dimanche, une journée historique pour la SNCF qui doit toutefois faire face au mécontentement de certains usagers et d'élus de région.

Situation "calme" dimanche

Dimanche, la journée s'est déroulée sans accroc. La situation était "calme" sur le réseau SNCF a ainsi assuré la cellule de veille pour les nouveaux horaires.

"La journée se passe bien pour 95% de la régulation et les seuls incidents concernent notamment des accidents de personnes, ce qui n'a aucun lien avec le changement d'horaires", a déclaré dans l'après-midi à l'AFP Alain Garde, responsable du "PC Nouveaux horaires" installé près de la gare de l'Est, à Paris. Vers 15 h 30 environ "5.000 trains" étaient déjà passés ou étaient en cours de circulation sur les 8.000 qui doivent rouler aujourd'hui", a-t-il précisé.

La vigilance restait toutefois de mise avant les retours de dimanche soir et surtout la journée de lundi avec notamment la reprise du trafic des TER et des Transiliens. Mais cette journée ne sera vraisemblablement qu'un "galop d'essai". C'est lundi, en revanche, que le fameux "big bang" sera vraiment ressenti, avec le retour au travail, ou au lycée, de millions de Français.

Distribution de bonbons et des chocolats

Pour adoucir les inévitables difficultés des voyageurs à s'y retrouver dans ces nouvelles grilles, la SNCF a déployé dans toutes les gares ses célèbres "gilets rouges" accompagnés de jeunes filles à casquettes blanches siglées SNCF offrant des bonbons et des chocolats.

"Le grand rendez-vous est fixé à demain dès 4 h 30 du matin", a déclaré Jacques Damas, directeur général sécurité à la SNCF évoquant les quatre millions de "navetteurs", ces voyageurs qui prennent tous les jours le train pour se rendre à leur travail ou à l'école.

"C'est un changement d'habitude pour les usagers mais aussi pour le personnel dans les gares ou à la maintenance de l'infrastructure", a-t-il ajouté. Quelque 2.000 cheminots supplémentaires ont été mobilisés dimanche.

Grogne des voyageurs

Mais certains usagers ne sont pas de cet avis. Car avec 85% de la grille horaire, les voyageurs ne décolèrent pas et parlent non pas d'un big bang mais d'un "big bug". Des centaines de voyageurs, mais aussi des élus, déplorent que les nouveaux horaires s'accompagnent, dans leurs régions, de trajets plus longs, voire de trains supprimés.

Plusieurs élus d'Auvergne ont d'ailleurs manifesté dimanche à Paris sur le parvis de la Gare de Lyon pour dénoncer le transfert de cette gare vers celle de Bercy du terminus des trains en provenance de leur région, une initiative qu'ils ont qualifié d'"enterrement".

Une association d'usagers, l'Avuc, a même lancé un mot d'ordre national de grève du billet des voyageurs pour lundi matin. Sa pétition en lien sur le site bigbangbigbug.org pour "dire non aux nouveaux horaires" a déjà recueilli plus de 2.300 signatures.

Le mécontentement gagne aussi les conducteurs, comme à Tarbes dans les Hautes-Pyrénées, où ils sont appelés à la grève de dimanche soir à mardi matin.

"Une période de rodage"

Pour tenter de remédier aux difficultés avec les usagers, la SNCF et RFF, le gestionnaire du réseau, ont confié il y a trois semaines une mission de médiation à Nicole Notat, ancienne secrétaire générale de la CFDT, afin, notamment, de recueillir les doléances des voyageurs. Quelque 600 réclamations avaient déjà été enregistrées jeudi, soit par courrier soit sur le site mediateurnouveauxhoraires2012.com.

La SNCF s'est également dotée d'une cellule de veille inédite, active depuis jeudi et jusqu'au 15 janvier. "Je n'ai aucun intérêt à avoir des clients mécontents", déclarait il y a quelques jours encore Guillaume Pepy, le président de la SNCF, promettant de chercher "partout, toujours, des solutions". Il prévoyait aussi "une période de rodage" pour le nouveau dispositif "étant donné que cela ne s'est jamais passé".