Sevran : privés de récré à cause de tirs

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Sevran : privés de récré à cause de tirs
@ MAX PPP
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Pour les protéger des tirs qui éclatent dans la cité, une école a décidé de confiner ses élèves.

Dans ce quartier sensible de Sevran, en Seine-Saint-Denis, les règlements de compte entre bandes sont quotidiens. Depuis quelque temps, les tirs à balles réelles fusent. De quoi inquiéter le personnel de l’école Montaigne, située à quelques mètres de la cité, et qui accueille 600 élèves, de la maternelle au CM2. Mercredi, "on a vu un scooter, il était accompagné d’un autre derrière, ils se sont arrêtés devant l’immeuble, ils ont tiré, il y a eu quatre coups qui sont partis", raconte Fatima, une voisine rencontrée par Europe 1.

De crainte que les enfants soient touchés par une balle perdue, la direction de l’école a donc décidé de confiner les écoliers dans les locaux de l’établissement, les privant de récréation quand le risque de fusillade se fait imminent. Les écoliers ont ainsi "sauté" la récréation, passant la pause de l'après-midi à l’intérieur des salles de classe. Un scénario qui s'était déjà déroulé à deux reprises la semaine dernière, comme le rappelle jeudi Le Parisien.

"C'est devenu Chicago"

Du côté des parents d’élèves, l'inquiétude domine. "Ça commence par des disputes, après c’est des tirs, les jeunes se tirent dessus. On ne sait pas comment ça va se termine", se désole ainsi au micro d’Europe 1 la mère d’une fillette scolarisée à l’école Montaigne.

Une autre mère d'élève lance : "c'est devenu Chicago!". "Ça peut se passer à l’intérieur de l’école comme à l’extérieur", rappelle la mère de famille. Elle se dit d’ailleurs tellement méfiante qu’elle évite de s’approcher des fenêtres quand elle est chez elle.

Le maire en appelle à des "casques bleus"

Nombre d’habitants désertent en effet le quartier, "empoisonné" par la violence urbaine. Une insécurité directement liée au trafic de drogue, selon le maire de Sevran, Stéphane Gatignon, cité par Le Parisien. L’élu Europe Ecologie, favorable à la dépénalisation du cannabis, juge que "la seule solution est une présence policière 24 heures sur 24". D’après l’élu écologiste, il faudrait carrément que s’installent dans la ville "des forces d’interposition, des casques bleus, comme ceux qu’on envoie à l’étranger pour empêcher les belligérants de s’entre-tuer". Un rempart indispensable selon lui pour faire face à "l’installation d’une mafia" de la drogue.

Selon les informations recueillies par Europe 1, la police va bien patrouiller à l'avenir 24h sur 24 dans le quartier, mais sans précision supplémentaire sur la durée de cette intervention. Ce que les habitants regrettent déjà. "Les policiers, on a l’impression qu’ils sont là quand il se passe un événement et quelques heures après on ne les voit plus. Qu’ils amènent l’armée, on est en état de guerre ici puisqu’ils tirent à la kalachnikov. Tout ce que je veux, c’est que nos enfants soient protégés quand on sort de l’école", a confié à Europe 1 une mère de famille agacée. Les habitants réclament de très longue date l'installation d'un commissariat au coeur du quartier.