Seuls huit nouveaux centres éducatifs fermés ouvriront d'ici 2017

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Seuls huit nouveaux centres éducatifs fermés ouvriront d'ici 2017
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INFO E1 - L'objectif de Hollande de porter le nombre de CEF de 51 à 80 a été revu à la baisse.

L'INFO. Le gouvernement entend ouvrir huit nouveaux centres éducatifs fermés d’ici 2017, portant à 59 unités leur nombre total, selon les informations recueillies par Europe1.fr. "D’ici la fin du quinquennat, nous allons ouvrir deux centres éducatifs fermés par an",  assure-t-on ainsi du côté de la Chancellerie.  Où seront ouverts les futurs CEF ? Rien ne filtre pour  le moment sur la localisation de ces établissements destinés à accueillir les mineurs délinquants récidivistes mais des besoins ont été identifiés dans le Sud-Est de la France et en Outre-Mer. De même, il n’y a actuellement qu’un seul centre éducatif fermé réservé aux jeunes filles, relève la Chancellerie.

Moins que prévu. L'objectif est en deçà de celui affiché par François Hollande, en 2012, durant sa campagne présidentielle. Le candidat socialiste avait alors affirmé son engagement de multiplier par deux le nombre de CEF. Une promesse qui ne sera donc pas (totalement) tenue ."Je doublerai le nombre de centres éducatifs fermés pour les mineurs condamnés par la justice en les portant à 80 durant le quinquennat", écrivait-il dans ses "60 engagements pour la France"

En août 2012 pourtant, Christiane Taubira n’avait pas caché ses réserves face à ce dispositif. "Il faut sortir du fantasme CEF. Il faut arrêter de dire que c'est LA solution", avait alors affirmé la garde des Sceaux. Elle avait toutefois précisé quelques mois plus tard : "le président de la République s'est engagé sur leur doublement, ce doublement aura lieu".

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Moins... mais mieux.  Si l’objectif fixé de 80 CEF en 2017 a été donc été sérieusement revu à la baisse, le message de la Chancellerie se veut aujourd'hui sans ambiguïté : "nous considérons ces structures comme une alternative à l’incarcération des mineurs, qui a toute sa place dans le système judiciaire". Le gouvernement entend toutefois améliorer leur efficacité. Car, depuis leur création sous Nicolas Sarkozy en 2012, "personne ne s’est jamais préoccupé du fonctionnement de ces structures", déplore-t-on à la Chancellerie. 

Et ce, alors que le Contrôleur général des lieux de privation de liberté alerte régulièrement sur le manque de formation des éducateurs dans les CEF ou l’absence de projets pédagogiques clairs dans ces établissements. Pour y remédier, la garde des Sceaux avait lancé à l’automne dernier à une mission d’évaluation tripartite, confiée à l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales), à l’IGSJ (Inspection générale des services judiciaires) et à la PJJ (Protection judiciaire de la jeunesse). C’est sur la base de leurs préconisations que la Chancellerie va s’appuyer pour améliorer l’accueil des mineurs dans les CEF.

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Des réformes dans l’organisation. "Nous allons réformer le cahier des charges des centres éducatifs dès 2014", explique la Chancellerie. Ainsi, le système de gouvernance actuel des centres sera harmonisé au niveau national. L’accompagnement de mineurs "avant, pendant et après leur intégration dans les CEF" sera aussi renforcé, tout comme la formation des encadrants. La présence de psychologues ou de psychiatres sera également systématique au sein de ces établissements. Enfin, une procédure d’évaluation des centres éducatifs fermés va être mise en place pour veiller à une meilleure efficacité de ces structures.

Mercredi, le Contrôleur général des lieux de privation de libertés alerte de nouveaux les pouvoirs publics sur les conditions d'accueil actuelles des mineurs dans les CEF. Jean-Marie Delarue, qui cible particulièrement les CEF d’Hendaye et de Pionsat déplore que "la prise en charge des jeunes, telle qu’elle est effectuée, constitue une atteinte aux droits fondamentaux des enfants".

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