Servier dénonce une "loi d'exception"

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Servier dénonce une "loi d'exception"
Le fabricant du Mediator a vivement réagi à l'annonce d'un fonds public pour indemniser les victimes du médicament.@ MAXPPP
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Le fabricant du Mediator a réagi à l'annonce d'un fonds public pour indemniser les victimes.

Le laboratoire Servier, fabricant du Mediator, a comparé mercredi le projet de loi, instituant la création d'un fonds public en France pour indemniser les patients victimes du Mediator, à une "loi d'exception". "On dirait que l'objectif est de punir Servier avant même que la justice ne fasse son travail", a déclaré Lucy Vincent, directrice générale chargée des relations extérieures du numéro deux français de l'industrie pharmaceutique.

"On nous condamne, et on ne nous a même pas écoutés"

"On nous accuse, on nous condamne, et on ne nous a même pas écoutés", s'est-elle indignée. "On saute sur le rapport de l'Igas (Inspection générale des affaires sociales) pour nous punir, mais je vous rappelle que l'Igas ne nous a même pas entendus" pour faire ce rapport, publié en janvier et qui mettait vertement en cause Servier, a poursuivi Lucy Vincent.

"On espère que la Constitution sera appliquée et qu'il n'y aura pas de régime dérogatoire au droit commun", a déclaré la porte-parole : "il y a des médicaments retirés toutes les semaines pour des effets secondaires, il y a des procédures à suivre dans ce cas". "Je ne comprends pas qu'on doit devenus les boucs émissaires de l'industrie pharmaceutique", a-t-elle conclu.

Le Conseil des ministres a entériné mercredi la création d'un fonds public permettant d'indemniser les patients victimes du Mediator. Institué dans le cadre du projet de loi de finances rectificative, ce fonds permettra de pallier éventuellement les manquements du fabricant du Mediator, les laboratoires Servier.

"Servier a des droits, parmi lesquels celui de se défendre"

Pour l'avocat de Servier, Me Hervé Temime, cette loi vise "à stigmatiser comme seuls responsables les laboratoires Servier". "Les laboratoires Servier assumeront leurs responsabilités mais ils ont aussi des droits, parmi lesquels celui de se défendre", a-t-il ajouté, indiquant que "l’Etat devra assumer sa part de responsabilité financière".