Serge Dassault mis en examen pour achat de votes à Corbeil-Essonnes

  • A
  • A
Serge Dassault mis en examen pour achat de votes à Corbeil-Essonnes
@ Reuters
Partagez sur :

JUSTICE - Le sénateur UMP a été mis en examen pour achat de votes à Corbeil-Essonnes, deux mois après la levée de son immunité judiciaire.

Les démêlés de Serge Dassault avec la justice suivent leur cours. Deux mois après la levée de son immunité judiciaire, Serge Dassault a été mis en examen pour achat de votes à Corbeil-Essonnes. L'ancien maire, âgé aujourd'hui de 89 ans, a notamment été mis en examen pour complicité de financement illicite de campagne électorale et financement de campagne électorale en dépassement du plafond autorisé. Aucun contrôle judiciaire ne lui a été imposé, a ajouté la source.

Dassault conteste "le bien fondé" de sa mise en examen. L'avionneur a déjà été placé en garde à vue les 18 et 19 février dans ce dossier. Jusqu'à présent, s'il a reconnu des dons, il a toujours réfuté un quelconque lien avec de la corruption électorale lors des municipales de 2008, 2009 et 2010, les trois scrutins qui intéressent les juges Serge Tournaire et Guillaume Daïeff. Serge Dassault a contesté jeudi "avec la plus grande fermeté le bien-fondé" de sa mise en examen. "Serge Dassault, innocent des faits qui lui sont ainsi injustement reprochés, ne doute pas que justice finira par lui être rendue", a ajouté Me Pierre Haïk, estimant que cette mise en examen ne reposait "sur aucun fondement sérieux".

Déjà cinq mis en examen. Serge Dassault a été maire de la ville de 1995 à 2009, année où un scrutin avait été annulé par le Conseil d'Etat pour des achats de vote. Dans la foulée, son bras droit Jean-Pierre Bechter avait été élu à la mairie. Candidat à sa réélection lors des municipales fin mars, avec Serge Dassault en 43e position sur sa liste, Jean-Pierre Bechter a été mis en examen par les juges, comme quatre autres protagonistes : l'une de ses adjointes, Cristela de Oliveira, un cadre local de l'UMP, Jacques Lebigre, et deux intermédiaires présumés du système, Younès Bounouara et Mamadou Kébé.

Sept millions d’euros pour orienter les votes ? Les juges ont réuni plusieurs éléments depuis l'ouverture de l'information judiciaire il y a un an. Ils enquêtent sur sept millions d'euros qui auraient pu atterrir entre les mains d'intermédiaires, notamment via des fonds venant du Liban. Ils disposent du témoignage de Mamadou Kébé, mis en examen le 20 février, et qui a décrit dans Le Monde un système structuré mis en place pour démarcher les électeurs. Victime fin janvier 2013 d'une tentative d'assassinat à Corbeil-Essonnes, qu'il soupçonne d'être liée à des disputes autour de la rémunération d'intermédiaires, un autre homme, Rachid Toumi, a livré un témoignage similaire, évoquant des promesses d'argent, de logements ou d'emplois aux électeurs, selon une source proche du dossier.

Un listing détaillé de ces "aides financières". Les magistrats ont aussi mis la main en juin 2013, lors d'une perquisition dans une résidence de Serge Dassault à Corbeil-Essonnes, sur une liste de bénéficiaires possibles des achats de voix, avec les mentions "payé" et "non payé". Selon Libération, qui en a révélé le contenu, y figurent 130 noms et des commentaires sur la nature des dons : sommes d'argent, financement d'un permis de conduire, contrat aidé à la mairie etc... Serge Dassault a répliqué par une plainte contre Libération. "Ces aides financières ont toujours été déconnectées de quelque élection que ce soit, et accordées sans aucune contrepartie", a assuré son avocat, Me Pierre Haïk.

sur-le-meme-sujet-sujet_scalewidth_460_scalewidth_460

EXCLU E1 - Ce qu'a dit Dassault lors de sa garde à vue 

ZOOM - L'immunité parlementaire de Serge Dassault levée... et après ?

JUSTICE - Le maire de Corbeil-Essonnes mis en examen

RETOUR SUR - Soupçons de corruption à Corbeil-Essonnes : des interpellations

FOCUS - Ces enquêtes qui visent Dassault