"Sept agressions dans mon cabinet"

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"Sept agressions dans mon cabinet"
Les agressions visant les médecins ont augmenté de près de 80% entre 2009 et 2010.@ MAXPPP
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TEMOIGNAGE - Un médecin témoigne de violences, verbales ou physiques, de ses patients.

Ils sont pris pour cible. Les agressions visant les médecins ont connu une très forte hausse en 2010, selon l’enquête de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) : 920 déclarations d’incidents ont été transmises en 2010, contre 512 en 2009, soit une augmentation de près de 80%. En première ligne, les médecins généralistes, comme le Dr Jean-Philippe Brugneaux, installé dans le 18e arrondissement de Paris.

"En une trentaine d’années, j’ai eu sept agressions à main armée au cabinet, sans compter l’ensemble des autres agressions, qui sont assez fréquentes", a-t-il raconté sur Europe 1. Quant aux agressions verbales, "qui peuvent aller loin", il en dénombre "plusieurs par semaine".

Son véhicule a également fait les frais de cette violence et a subi des dégradations sept ou huit fois cette année. Le Dr Brugneaux explique avoir noté des changements dans cette violence. "Il y a beaucoup moins d’agressions du type ‘main armée’. Par contre, les agressions sont plus fréquentes".

Des patients qui "exigent"

En cause, certains patients qui "ne sont pas d’accord sur le diagnostic, le traitement, l’arrêt de travail". Ces patients qui "exigent" arrivent au cabinet "avec un diagnostic et un traitement, qui ne sont pas forcément ceux que le médecin retrouve". Il y a quelques mois, l’un de ses patients, "extrêmement mécontent", l’a agressé, repartant "avec des feuilles de soins et des ordonnances".

"Le problème, c’est que quand on porte plainte, ce n’est pas suivi d’effets", fustige le praticien, racontant s’être rendu, "il y a un mois", au commissariat pour déposer une plainte. "J’y suis allé quatre fois, j’ai attendu quatre fois une heure, et on n’a pas pris ma plainte", se souvient-il.

Il y a quelques mois, après une nouvelle agression, le Dr Brugneaux s’est rendu au commissariat. "La police m’a dit ‘vous avez eu cette agression à main armée, il faut arrêter votre métier !’". Mais pour le médecin, "ce n’est pas une raison. On ne va pas baisser les bras !"