Sécheresse : "en situation de crise"

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Sécheresse : "en situation de crise"
@ Capture d'écran du site du ministère de l'Ecologie
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Nathalie Kosciusko-Morizet a estimé lundi que les indicateurs étaient "à l'orange ou au rouge.

Nathalie Kosciusko-Morizet a décidé d’avancer d’un mois la réunion de la commission de suivi hydraulique. La ministre de l’Ecologie a été contrainte par la situation actuelle de réunir des experts de l’environnement dès lundi pour faire un point global sur une situation inquiétante avant même le début de l’été. La raison, la ministre l'a donnée juste après, lors d'un point presse. "On est d'ores et déjà en situation de crise et de gestion de crise. Tous les indicateurs sont à l'orange ou au rouge, on est dans une situation de mois de juillet en ce qui concerne tous les indicateurs: nappes, débit et fonte des neiges", a déclaré Nathalie Kosciusko-Morizet

Vingt-huit départements sont depuis vendredi concernés par les restrictions d’eau et "trois autres nous ont affirmé qui le feraient à court terme". La sécheresse exceptionnelle qui touche actuellement l’Hexagone – avril 2011 est le 2e mois d’avril le plus chaud depuis 1900 – inquiète en premier lieu les agriculteurs. "Nous avons observé une baisse des récoltes de fourrage de 30 à 50 % selon les régions par rapport à une année normale. Les éleveurs bovins, déjà fragilisés l'an dernier par la flambée des cours de l'alimentation du bétail, manquent d'herbe avant même le début de l'été", explique au Monde Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA.

Un nouvel outil à partir de juin

Et ce sont bien les usages agricoles qui posent problème. Durant les trois mois d'été, l'agriculture représente jusqu'à 80% de l'eau consommée. A plus d’un mois du début de l’été, la situation est donc grave. Environ 68% des nappes phréatiques affichent un niveau inférieur à la normal selon le bureau des recherches géologiques et minières (BRGM). Afin d’être plus réactif, le ministère de l’Ecologie met en place à partir de juin Propluvia, un portail sur lequel les préfets devront enregistrer leurs arrêtés. Cela permettra une vision en temps réel plus précise.

Aujourd’hui, les restrictions et interdictions sont édictées par département alors que bien souvent elles ne concernent qu’une partie bien précise d’un département. Quatre seuils ont été définis. Ils prévoient par exemple pour les agriculteurs l’interdiction d'irriguer un jour par semaine (vigilance), plusieurs jours par semaine (alerte) ou à certaines heures (crise) jusqu'à l'interdiction totale de l'irrigation (crise renforcée).