Scientologie, un procès qui fait pschitt

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Scientologie, un procès qui fait pschitt
Prévenus et avocats de la défense ont quitté jeudi le procès en appel de l'Eglise de Scientologie.@ MAXPPP
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Les prévenus et leurs avocats ont décidé jeudi de quitter la salle d'audience.

Depuis le début, ils font tout pour faire capoter le procès. Les prévenus de la branche parisienne de l’Église de Scientologie ont tout simplement décidé jeudi de quitter l'audience de leur procès en appel pour "escroquerie en bande organisée". Les débats se sont poursuivis sans eux, et sans leurs avocats, mais ils risquent d'être considérablement allégés. "Ce n'est pas une dérobade", a assuré le porte-parole de l'organisation, Éric Roux. "Nous cessons de cautionner un procès faussé et inéquitable", a-t-il asséné en guise d'explication.

Pour l'association de lutte contre les dérives sectaires, l'Unadfi, ce coup d'éclat est un "signe de très grande faiblesse". "Les avocats de la Scientologie ont pris la poudre d'escampette, c'est-à-dire qu'ils fuient leurs responsabilités", a fustigé l'avocat de l'association, Me Olivier Morice, dénonçant une stratégie "suicidaire".

Une guérilla procédurale

La Scientologie mène en effet une intense guérilla procédurale depuis le premier jour du procès. La défense a soulevé de nombreux points de droit, qui ont tous été écartés. Jeudi, une neuvième question prioritaire de constitutionnalité, visant à transmettre le procès devant la Cour de cassation, a été rejetée.

L'Eglise de Scientologie reproche à la justice de n'avoir pas pu examiner certaines pièces du dossier, "au mépris des règles procédurales", et d'avoir accepté la représentation au procès de l'Unadfi. La Scientologie a également déposé une plainte pour "vol" de documents contre l'association anti-sectes.

Jeudi, il ne restait donc plus dans la salle d'audience que les parties civiles, l'Unadfi, et le Conseil national de l'ordre des pharmaciens. Plusieurs prévenus sont en effet accusés d'"exercice illégal de la pharmacie". En cause : des vitamines que les adeptes du mouvement sont censés ingérer lors de "cures de purification".

Toujours pas d'examen des faits

Mais pour l'heure, ce procès en appel qui a démarré le 3 novembre n'a toujours pas commencé à aborder l'examen des faits. En première instance, le jugement déclarait pour la première fois que la Scientologie, qui revendique 10 millions d'adeptes dans le monde, était une entreprise d'escroquerie.

Les deux entités de la Scientologie d'Île-de-France avaient alors été frappées de 600.000 euros d'amende. Les quatre dirigeants avaient quant à eux écopé de peine de prison avec sursis, assorties d'amendes allant de 5.000 à 30.000 euros. L'enjeu est de taille pour la Scientologie : si les sanctions financières ne risquent pas d'ébranler le richissime mouvement, la confirmation de sa culpabilité pourrait constituer un sérieux frein à son expansion.