Sarkozy salue le "poète" Césaire

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Sarkozy salue le "poète" Césaire
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Une cérémonie, à l’initiative de l’Elysée, s'est déroulée mercredi après-midi au Panthéon.

La France a perdu "l’un de ses enfants qui lui faisait le plus honneur". Nicolas Sarkozy a ainsi rendu hommage mercredi après-midi, au Panthéon, à Aimé Césaire. La cérémonie, à l'initiative de l'Elysée, s'est tenue pendant un peu plus d'une heure pour saluer le poète, dramaturge et homme politique martiniquais.

Un millier de personnes étaient présentes. Parmi les invités, d'anciens secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, mais aussi l'actuel ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, et le chef du gouvernement, François Fillon. De nombreux proches d'Aimé Césaire étaient également présents, dont son chauffeur, mais également son fils, Jacques Césaire, et son épouse.

Le "poète" Césaire salué par Sarkozy

Nicolas Sarkozy a rendu un hommage solennel à Aimé Césaire. "C’est un poète que nous honorons aujourd'hui", a commencé le chef de l'Etat, revenant sur la mort "au petit matin" d'Aimé Césaire et abordant une longue biographie de l'homme qu'était Aimé Césaire à la fois politique, poète et dramaturge. Il a évoqué ensuite "l’émotion et la tristesse" qui ont gagné les Martiniquais, mais aussi les Français et le monde entier, lors de sa mort car "ils ont reconnu dans la voix de cet homme l’universalité de la conscience humaine". Le chef de l'Etat l'a assuré : la France a perdu "l’un de ses enfants qui lui faisait le plus honneur".

"'Nous sommes là pour dire et réclamer : laissez entrer les peuples noirs sur la grande scène de l'Histoire'", a ensuite déclaré Nicolas Sarkozy en citant des propos d'Aimé Césaire en 1956. Et d'ajouter : "ce combat allait être le combat de toute sa vie". "A vrai dire, il n'a jamais cessé de pousser la France à faire son examen de conscience. Qu'a fait l'enfant de l'école républicaine, l'élève exemplaire qui illustra si bien ce mérite que les républicains de jadis avaient placé au coeur même de l'égalité, sinon nous demander des comptes sur notre manière de tenir les promesses faites au nom de la République ?", s'est-il interrogé. "Il rejetait l'assimilation quand elle se confondait avec ce qu'il appelait 'un génocide culturel'. Comment ne pas l'entendre aujourd'hui ?", a également demandé le chef de l'Etat.

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© CAPTURE FRANCE 2

Un peu plus tôt, avant la cérémonie, François Fillon avait expliqué avoir rencontré Aimé Césaire en 2008. Et, a-t-il confié sur France 2, l'homme "émanait une immense force, une flamme de justice et de poésie". Le chef du gouvernement est revenu sur le message porté par le poète : "son message, c’est que les identités se recouvrent sans s’exclure". Et d'ajouter : "c'est un message vraiment d’actualité".

La plaque de Césaire au Panthéon, un message

Un message, c'est également ce qu'a voulu faire passer le chef de l'Etat en inscrivant le nom d'Aimé Césaire au Panthéon. C'est Nicolas Sarkozy, accompagné par le fils d'Aimé Césaire, qui a découvert la plaque d'Aimé Césaire, le présentant comme "poète, dramaturge et homme politique martiniquais", située dans la crypte du monument. Tous deux se sont recueillis durant quelques minutes devant cette inscription, sur une musique de flûte traditionnelle, de Dédé Saint Prix et composée pour la circonstance.

"Je trouve que cette plaque est un très beau signal de la diversité", a assuré Nicolas Sarkozy à l'issue de la cérémonie, au micro de France 2. "Je crois que c’était important de le recevoir ici", a-t-il ajouté assurant qu'"Aimé Césaire fait honneur à la France".

La cérémonie d'hommage avait débuté par un portrait d'Aimé Césaire, vu par le réalisateur Euzhan Palcy. Ensuite, plusieurs comédiens de la Comédie Française ont pris la parole, parmi lesquels Bakary Sangaré, Jacques Martial, Marianne Mathéus ou encore Michel Vuillermoz. Ensemble, ils ont lu plusieurs extraits d'Aimé Césaire parmi lesquels le Calendrier lagunaire ou encore La Tragédie du grand Christophe.

A l'occasion de la cérémonie, une fresque représentant quatre moments de vie d'Aimé Césaire avait été disposée au milieu du monument. Elle avait pris la place du pendule de Foucault.