Sarko m'a tuer, le livre qui flingue Sarkozy

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Sarko m'a tuer, le livre qui flingue Sarkozy
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Isabelle Prévost-Desprez, Daniel Bouton et Patrick Devedjian font partie des 27 victimes du sarkozysme.

Ils s'appellent Isabelle Prévost-Desprez, Christine Boutin, Pierre de Bousquet de Florian, Alain Genestar, Claire Thibout, Daniel Bouton ou encore Patrick Devedjian. Tous se disent "maudits de la Sarkozie", victimes d'un président qui, un jour, a décidé de les gêner, de les briser, voire de les sacrifier. Dans leur livre sorti mercredi, les journalistes du Monde Fabrice Lhomme et Gérard Davet ont recueilli les témoignages de 27 "victimes" du sarkozysme. Europe1.fr en a choisi certaines.

"Il fallait me faire dessaisir, par tous les moyens". La juge Isabelle Prévost-Desprez, qui a instruit le volet abus de faiblesse de l'affaire Bettencourt, affirme qu'un témoin a vu Nicolas Sarkozy se faire remettre des espèces chez la milliardaire avant son arrivée à la présidence en 2007. Mais la magistrate revient aussi sur les pressions subies. "Ce qui m'a frappée dans le supplément d'information que j'ai conduit, c'est la peur des témoins, ajoute Isabelle Prévost-Desprez. Ils étaient effrayés de la violence avec laquelle Claire Thibout avait été déstabilisée, ils ne voulaient pas connaître son sort. [...] Donc, les témoins avaient peur de parler sur PV à propos de Nicolas Sarkozy", confie la juge.

Quant à son sort personnel, "il fallait me faire dessaisir, par tous les moyens. Il était impératif de me débarquer" raconte la juge. "J'ai été l'objet de surveillances, c'est une évidence, mais je n'en ai rien à faire, je peux tout assumer dans ma vie, même si ça m'ennuie de savoir que certains utilisent des éléments de ma vie privée pour tenter de m'affaiblir. J'étais persuadée d'être sur écoutes. Des écoutes illégales, à mon avis", affirme la magistrate.

Sarkozy voulait "se payer physiquement Bouton". Dans Sarko m'a tuer, Daniel Bouton, l'ancien PDG de la Société Générale, assure que le président voulait lui faire payer physiquement le fait de ne pas avoir été prévenu plus tôt du scandale annoncé de l'affaire Kerviel. Daniel Bouton explique avoir pris "la décision de ne pas avertir les autorités politiques" mais prévient l'Autorité des marchés financiers (AMF) et le gouverneur de la Banque de France. "En fait, j'ai offert au gouvernement français la possibilité de ne pas être mouillé dans ce qui aurait pu être une catastrophe", estime t-il.

Nicolas Sarkozy ne fera pas la même lecture des évènements. Le 28 janvier, le président estime que l'affaire "ne peut rester sans conséquence s'agissant des responsabilités, y compris au plus haut niveau". "J'étais complètement sidéré. (...) Quand on m'apprend la teneur des propos, je ne suis pas très surpris, s'agissant de Sarkozy. (...) Il ne peut pas s'en empêcher, il a besoin de trouver un coupable; tout événement désagréable provient de l'erreur de quelqu'un", raconte Daniel Bouton. L'objectif est "de se payer physiquement Bouton", a affirmé celui-ci aux deux journalistes du Monde.

"Nicolas sait tout ce qui se passe dans les Hauts-de-Seine". L'ancien ami du président Patrick Devedjian, tombé en disgrâce à l'Elysée, règle lui aussi ses comptes avec le chef de l'Etat et raconte les "magouilles" du 92. "Mes relations avec Sarko se sont dégradées du fait des intrigues du fils (Jean Sarkozy) et des Balkany", raconte celui qui accuse Nicolas Sarkozy d'avoir contribué à sa défaite à la présidence de la fédération UMP des Hauts-de-Seine, le 15 novembre 2010.

"Nicolas sait tout ce qui se passe dans les Hauts-de-Seine par l'intermédiaire de son fils, il lui raconte sa version des faits, généralement influencée par les Balkany, donc biaisée" relate t-il. Le préfet en place est aussi prié de respecter les "lois" du président dans le département. "Quand le nouveau préfet est arrivé, révèle Devedjian, il a été convoqué chez Sarko, qui lui a donné sa feuille de route en ces termes : "1) Il faut veiller aux intérêts de mon fils. 2) Beaucoup de gens dans les Hauts-de-Seine vont dire qu'ils sont copains avec moi, mais je n'ai qu'un ami dans ce département, c'est Balkany".