Le lien entre la maladie de Parkinson et l'utilisation de pesticides par les agriculteurs est désormais reconnu grâce à un décret qui entre en vigueur jeudi. Ce décret, signé du ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, classe, sous certaines conditions, cette pathologie neurodégénérative comme maladie professionnelle pour les salariés agricoles comme les exploitants agricoles.

Les agriculteurs doivent avoir été exposés (inhalation, contact,...) au moins 10 ans aux pesticides et déclencher la maladie dans un délai d'un an après l'arrêt de l'exposition, selon le décret du 4 mai. "Cette reconnaissance est importante d'un point de vue symbolique, sur le plan psychologique pour les agriculteurs", a relevé Yves Cosset, médecin du travail national adjoint à la Mutualité sociale agricole (MSA).

En février la justice a reconnu Monsanto responsable d'une intoxication à l'herbicide par un céréalier. Paul François, président de l'association Phyto-victimes, et auteur de cette première judiciaire en France face au leader mondial de l'agrochimie Monsanto, était venu ensuite manifester au salon de l'agriculture sur cette question de moins en moins tabou. En avril l'Etat a été condamné par une juridiction d'Epinal à indemniser un agriculteur ayant développé un cancer en raison des substances toxiques contenus dans des pesticides et herbicides.