Sans abri : les 31 tentes démontées

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Sans abri : les 31 tentes démontées
@ Fabien Thelma
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Elles avaient été installées vendredi, à Paris, par des associations contre le mal logement.

Les 31 tentes rouges ne seront pas restées longtemps sur le Pont des Arts, à Paris. Quelques heures après avoir été installées par le Collectif des associations de lutte contre le mal logement, elles ont été démontées par la police. "Les CRS sont arrivés vers 20H15, ils ont saisi les tentes et les ont entassées. Nous avions dit que nous n'opposerions pas de résistance, il n'y a pas eu de violence physique", a expliqué Matthieu Angotti, directeur adjoint de la Fnars.

Les associations ont cependant obtenu une petite victoire : un rendez-vous avec le Premier ministre "en début de semaine prochaine".

Le Collectif des associations de lutte contre le mal logement avait planté vendredi 31 tentes rouges sur le pont des Arts. Avec un objectif. Interpeller les pouvoirs publics sur les problèmes de logement, quatre ans après l'action coup de poing des Enfants de Don Quichotte sur le Canal Saint-Martin à Paris.

"Mais quand est-ce que ça va s'arrêter ?"

"Un pays qui est cinquième, sixième puissance du monde ne peut pas continuer à voir s'élargir les victimes de la crise du logement. Il y a encore 15 ans, c'était les personnes les plus faibles. Aujourd'hui, ce sont les catégories modestes et les classes moyennes inférieures. Mais quand est-ce que ça va s'arrêter ?", s'insurge Christophe Robert, directeur général adjoint de la Fondation Abbé-Pierre au micro d'Europe 1. "On gère la misère ! L'abbé Pierre disait "la misère ne se gère pas, elle se combat", poursuit-il. Précisément aujourd'hui, nous sommes en position de combattants pour lutter contre ce mal logement".

La situation est pire qu'en 2006"

En 2008, François Fillon avait lancé un "chantier national prioritaire (2008-2012)" pour les sans-abri et les mal-logés. Deux ans plus tard, les 31 associations du collectif en appellent à Nicolas Sarkozy et au Premier ministre François Fillon pour que le "chantier du mal logement soit remis sur le haut de la pile des priorités".

"On est prêt à y rester le temps qu'il faut. La situation est pire que quand on avait monté le campement du canal Saint-Martin (fin décembre 2006, ndlr), en raison de la crise et de la baisse des budgets dédiés à la politique du logement et de l'hébergement", a dénoncé Augustin Legrand, président des Enfants de Don Quichotte. "Benoist Apparu (secrétaire d'Etat au logement) n'a pas plus les moyens qu'à l'époque Christine Boutin".

Les associations estiment que 3,5 millions de personnes sont mal logées en France et 6,5 millions dans une situation fragile.