Sale saison pour les sans-abri

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Sale saison pour les sans-abri
Les couples et les étrangers sont les plus pénalisés par les réponses négatives du Samu social.@ MaxPPP
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En raison de la température clémente, les places d'hébergement sont limitées.

Triste record pour le Samu social. L'organisme n'a jamais reçu autant de demandes que durant le mois de décembre dernier. Résultat : près d'un appel sur deux n'a pas abouti à une solution d'hébergement.

Le manque de places d'hébergements est la principale raison de ces refus. Les couples avec enfants sont les plus pénalisés. 61% de leur demande d'hébergement n'ont pas abouti, selon le baromètre hivernal du 115 publié vendredi par le quotidien La Croix.

1 à 2 SDF morts à Paris en décembre

Selon ce baromètre de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars) dans 37 départements (hors Paris), "23.867 demandes d’hébergement d’urgence n’ont pas été satisfaites au cours du mois de décembre sur 48.618 appels".

"Ce chiffre reflète la gestion de l’exclusion 'au thermomètre', qui adapte avant tout l’offre d’hébergement d’urgence aux conditions climatiques avant de s’adapter aux besoins des personnes. Au manque de places pérennes pour accueillir les personnes, s’ajoute la douceur de cet hiver qui limite l’ouverture des dispositifs temporaires", déplore la Fnars dans son enquête. La situation est particulièrement critique dans la Loire, qui totalise 91% de réponses négative, dans le Rhône où les refus atteignent 88% et en Guadeloupe (83%).

Dans le même temps, le nombre de SDF retrouvés morts serait en augmentation dans la capitale. A Paris, par exemple, entre un et deux SDF sont morts chaque semaine en novembre et en décembre. "Paradoxalement, l’an passé, il y avait plus de places d’hébergement d’urgence, moins de personnes dans la rue la nuit et donc moins de décès", indique Eric Molinié, à la tête du Samu social, au micro d'Europe 1.

Les couples et les étrangers pénalisés

Les ménages avec enfants sont particulièrement mal lotis. Ils représentent 46% des personnes ayant appelé le 115 en novembre, et 35% en décembre. Mais seuls 39% d'entre eux ont obtenu un hébergement, contre 60% pour les personnes isolées.

Etre étranger n'aide pas non plus à s'abriter du froid. "Les personnes de nationalité étrangère qui sollicitent le 115 ont une plus faible attribution de places d’hébergement (35%) que les personnes de nationalité française (63%)", constate la Fnars. "Ainsi 71% des demandes de personnes issues de l’Union européenne et 56% des demandes de personnes étrangères hors Union européenne n’ont pas obtenu de place en décembre, contre 37% des demandes de personnes de nationalité française", indique l'enquête.

"Un problème structurel"

Pour la Fnars, "l’accueil des étrangers en détresse est un problème structurel" et par manque chronique de places, "la France n’est pas en mesure d’honorer les conventions internationales qu’elle a signées".

Le 1er décembre, le secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu avait assuré que tous les sans-abri qui appelleront le 115 se verraient proposer une place. En juillet dernier, le fondateur du Samu social, le Dr Xavier Emmanuelli, avait claqué la porte en raison d'une situation "plus gérable", après l'annonce d'une baisse drastique du budget 2011 par l'Etat qui le finance à 92%.